Les sommets du G7
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SOMMET DE LONDRES

SOMMET DE LONDES

SOMMET DES SEPT PAYS LES PLUS INDUSTRIALISES

(Londres, 17 juillet 1991)

Déclaration Politique

1. Nous, dirigeants de nos sept pays et représentants de la Communauté Européenne, réaffirmons notre ferme attachement à l'idéal d'un monde pacifique, juste, démocratique et prospère. La Communauté Internationale doit relever d'énormes défis. Mais il y a également des raisons d'espérer. Nous devons renforcer l'approche multilatérale pour régler des problèmes communs et travailler à consolider le système international au coeur duquel se trouvent, fondées sur leur Charte, les Nations Unies. Nous invitons les dirigeants des autres nations à se joindre à nous dans cette entreprise.

2. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a, avec l'appui de la Communauté Internationale, montré durant la crise du Golfe qu'il pouvait jouer son rôle : agir en vue de restaurer la paix et la sécurité internationale et régler les conflits. C'est là un motif d'espoir et d'encouragement. Après quarante années d'affrontement entre l'Est et l'Ouest, la Communauté Internationale doit à présent s'inspirer de ce nouvel esprit de coopération, non seulement au Moyen-Orient mais partout où les dangers et les conflits menacent et où d'autres défis doivent être relevés.

3. Nous pensons que les conditions existent maintenant pour que les Nations Unies répondent entièrement aux espérances et à la vision de leurs fondateurs. Revitalisées, les Nations Unies auront un rôle central à jouer dans le renforcement de l'ordre international. Nous nous engageons à rendre les Nations Unies plus fortes et plus efficaces en vue de protéger les Droits de l'Homme, de sauvegarder la paix et la sécurité pour tous et de dissuader l'agression. Nous ferons de la diplomatie préventive la toute première priorité pour contribuer à éviter de futurs conflits en avertissant clairement les agresseurs potentiels des conséquences de leurs actes. Le rôle des Nations Unies pour maintenir la paix devrait être renforcé. Nous lui apporterons tout notre soutien.

4. Nous notons que le problème humanitaire en Irak, causé par l'oppression violente du Gouvernement, a du fait de son urgence et de son ampleur, nécessité une action exceptionnelle de la Communauté Internationale, conformément à la Résolution 688 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Nous appelons les Nations Unies et ses agences spécialisées à être prêtes à envisager des actions semblables à l'avenir si les circonstances l'exigent. La Communauté Internationale ne peut demeurer inactive lorsque les souffrances d'un grand nombre d'êtres humains dues à la famine, la guerre, l'oppression, les exodes de réfugiés, les maladies ou les inondations revêtent une ampleur considérable exigeant une réponse urgente.

5. Les récentes tragédies du Bangladesh, de l'Irak et de la Corne de l'Afrique attestent de la nécessité de renforcer les actions de secours des Nations Unies pour faire face aux urgences. Nous appelons les Etats membres à répondre à l'appel à des contributions volontaires, lancé par le Secrétaire Général. Nous aimerions que des mesures soient prises pour accroître la coordination et accélérer la distribution efficace de l'ensemble des secours des Nations Unies pour les grandes catastrophes. De telles initiatives, qui font partie d'un effort général pour rendre les Nations Unies plus efficaces, pourraient comprendre :

Les Nations Unies seraient alors à même d'accomplir l'action urgente qui a parfois fait défaut par le passé. Elles devraient également faire pleinement usage de leurs moyens d'alerte précoce afin d'avertir la Communauté Internationale sur les crises à venir et de travailler à la préparation de plans d'urgence, notamment la question de l'affectation des ressources et du matériel disponible pour répondre à ces urgences.

6. Depuis notre dernière rencontre, le monde a connu l'invasion, l'occupation et puis la libération du Koweït. La réaction massive de la Communauté pour faire cesser l'annexion par la force d'une petite nation a apporté la preuve que dans son ensemble le monde choisissait :

Ces principes sont essentiels à des relations civilisées entre Etats.

7. Nous exprimons notre soutien aux actions entreprises par les pays du Golfe et leurs voisins pour assurer leur sécurité future. Nous avons l'intention de maintenir les sanctions contre l'Irak jusqu'à ce que toutes les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité aient été intégralement appliquées et que le peuple d'Irak, ainsi que ses voisins, puisse vivre sans craindre l'intimidation, la répression ou une agression. Pour ce qui est du peuple irakien, il mérite de pouvoir choisir ses dirigeants d'une manière libre et démocratique. Nous attendons avec espoir les prochaines élections au Koweït ainsi qu'une amélioration de la situation des Droits de l'Homme dans ce pays et dans la région.

8. Nous attachons une importance primordiale à l'engagement d'un processus destiné à apporter une paix globale, juste et durable, entre Israël et ses voisins arabes, y compris les Palestiniens. Cette paix devrait être fondée sur les résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité des Nations Unies et sur le principe de l'échange des territoires contre la paix. Nous soutenons l'idée d'une conférence sur la paix qui ouvrirait des négociations parallèles et directes entre Israël et les représentants palestiniens d'une part, et Israël et les Etats arabes d'autre part. Nous confirmons que nous continuons à soutenir l'initiative qui, à notre avis, offre les meilleures chances de progrès vers un règlement.

Nous invitons instamment toutes les parties au conflit à adopter des mesures de confiance équilibrées et réciproques et à faire preuve de la souplesse nécessaire afin qu'une conférence sur la paix puisse être convoquée sur les bases indiquées dans cette initiative. A cet égard, nous pensons que le boycott arabe devrait cesser tout comme la politique d'implantation israélienne dans les territoires occupés.

9. Nous prenons acte avec satisfaction des perspectives ouvertes par le rétablissement de la sécurité au Liban. Nous continuons de soutenir les efforts faits par les autorités libanaises en vue de parvenir à la mise en oeuvre du processus de Taef qui conduira au départ de toutes les forces étrangères et à l'organisation d'élections libres.

10. Nous nous déclarons disposés à soutenir le développement de la coopération économique entre les pays du Moyen-Orient, sur la base de politiques libérales visant à encourager le rapatriement des capitaux, un accroissement des investissements et une diminution des barrières commerciales. Ces politiques devraient être accompagnées d'efforts globaux à long terme pour apporter davantage de stabilité au Moyen-Orient et dans la Méditerranée.

11. Nous nous félicitons des progrès substantiels accomplis l'année dernière en matière de réformes politiques et économiques dans les pays d'Europe centrale et orientale et nous reconnaissons que ces acquis devront être préservés dans une période de transition économique difficile, notamment par des initiatives régionales. Nous avons tout à fait intérêt à ce que les réformes de marché et la démocratie en Europe centrale et orientale réussissent et nous nous engageons à soutenir pleinement ces réformes. Nous prenons également acte des progrès accomplis par l'Albanie pour rejoindre la communauté des nations démocratiques.

12. Notre soutien au processus de réforme fondamentale en Union Soviétique est toujours aussi fort. Nous croyons que la nouvelle pensée en matière de politique étrangère soviétique, qui a tant fait pour réduire la tension entre l'Est et l'Ouest et renforcer le système de paix et de sécurité multilatéral, devrait être appliquée de manière générale. Nous espérons que ce nouvel esprit de coopération internationale se traduira pleinement aussi bien en Asie qu'en Europe. Nous saluons les efforts faits pour créer une nouvelle Union, fondée sur le consentement et non la coercition, et qui réponde véritablement aux aspirations des peuples d'Union Soviétique. C'est une entreprise gigantesque : une Union Soviétique ouverte et démocratique, à même de jouer pleinement son rôle dans l'instauration de la stabilité et de la confiance dans le monde.

Nous réitérons notre engagement à travailler avec l'Union Soviétique pour soutenir ses efforts en vue de créer une société ouverte, une démocratie pluraliste et une économie de marché. Nous espérons que les négociations entre l'URSS et les gouvernements élus des pays baltes régleront leur avenir démocratiquement et conformément aux aspirations légitimes des peuples.

13. C'est aux peuples de Yougoslavie eux-mêmes qu'il appartient de décider de leur avenir. Toutefois, la situation en Yougoslavie continue d'être très préoccupante. La force militaire et l'effusion de sang ne peuvent conduire à un règlement durable et ne feront que mettre en danger la stabilité plus générale. Nous demandons l'arrêt de la violence, la démobilisation et le retour des forces armées dans leurs casernes et un cessez-le-feu permanent. Nous exhortons toutes les parties à se conformer aux dispositions de l'accord de Brioni tel qu'il est. Nous nous félicitons des efforts accomplis par la Communauté Européenne et ses Etats membres pour aider à résoudre la crise Yougoslave. Par conséquent, nous apportons notre soutien à l'envoi d'observateurs de la Communauté Economique Européenne en Yougoslavie, dans le cadre du dispositif d'urgence de la CSCE. Nous ferons tout ce que nous pourrons, avec d'autre au sein de la Communauté Internationale, pour encourager et soutenir le processus de dialogue et de négociation, conformément aux principes inscrits dans l'Acte Final d'Helsinki et la Charte de Paris pour une nouvelle Europe, en particulier le respect des Droits de l'Homme, y compris les droits des minorités et le droit des peuples à l'autodétermination en conformité avec la Charte des Nations Unies et les dispositions pertinentes du droit international, notamment celles qui ont trait à l'intégrité territoriale des Etats. La normalisation de la situation actuelle nous permettra également de contribuer à l'indispensable reprise économique du pays.

14. Nous nous félicitons de l'évolution positive en Afrique du Sud, où les fondements législatifs de l'apartheid ont enfin été abolis. Nous espérons que ces mesures importantes seront suivies de l'élimination dans les faits de l'apartheid et de l'amélioration de la situation des catégories les plus pauvres de la population en Afrique du Sud. Nous espérons que les négociations sur une nouvelle constitution conduisant à une démocratie non raciale s'engageront rapidement et ne seront pas interrompues par une tragique flambée de violence. Toutes les parties doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour résoudre le problème de la violence. Nous sommes préoccupés par le fait que la fondation d'une nouvelle Afrique du Sud non raciale risque d'être compromise par la montée des problèmes sociaux et la baisse des perspectives économiques pour la majorité de la population, facteurs qui ont contribué à la violence. Il existe un besoin urgent de rétablir la croissance économique afin de réduire les inégalités de richesse et de chances.
L'Afrique du Sud a besoin de politiques nouvelles en matière d'économie, d'investissements et autres, qui permettent un accès normal à toutes les sources de financement étranger. En sus de ses propres efforts nationaux, l'Afrique du Sud a également besoin d'aide de la Communauté Internationale, notamment dans les domaines où la majorité de sa population souffre depuis longtemps de privations : éducation. santé, logement, et prestations sociales. Nous orienterons notre aide à ces fins.

15. Enfin, nous espérons renforcer encore l'ordre international en poursuivant des efforts vigoureux afin de décourager le terrorisme et les prises d'otages. Nous demandons la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages quel que soit le lieu de leur détention et un décompte de tous les otages décédés pendant leur détention. Nous nous félicitons des engagements pris par les Gouvernements ayant une influence sur les détenteurs d'otages, d'agir en vue de la libération des otages et leur demandons instamment d'intensifier leurs efforts à cette fin. Nous exprimons notre sympathie aux amis et à la famille de ceux qui sont détenus. Nous réaffirmons notre condamnation de toutes les formes de terrorisme. Nous travaillerons ensemble pour dissuader et combattre le terrorisme par tous les moyens possibles dans le cadre du droit international et des législations nationales, particulièrement dans les domaines de la sécurité de l'aviation civile internationale et du marquage des explosifs plastic à des fins de détection.

16. Notre forum continue d'offrir aux représentants de l'Europe, du Japon et de l'Amérique du Nord une occasion inestimable de débattre des enjeux décisifs des années à venir. Mais nous ne pouvons réussir seuls. Nous appelons les dirigeants des autres nations à se joindre à nous pour essayer d'apporter une contribution pratique et durable à la cause de la paix, de la sécurité, de la liberté et à la primauté du droit, conditions nécessaires pour tenter d'instaurer davantage de justice et de prospérité dans le monde.


Source: Service de Documentation de l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon (I.E.P); France, Ministère des Affaires Etrangères Institut d'Etudes Politiques de Lyon. 1996

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