Les sommets du G8
Help | Recherche libre | Recherche par année | Recherche par pays | Recherche par sujet | Accueil

SOMMET DU G8 DE BIRMINHAM

SOMMET DU G8 DE BIRMINGHAM

15 AU 17 MAI 1998

COMMUNIQUÉ

Introduction

  1. Nous, les Chefs d'État et de Gouvernement de huit grandes démocraties industrialisées et le Président de la Communauté européenne, nous sommes réunis à Birmingham pour discuter des enjeux touchant les populations de nos pays et d'ailleurs. La mondialisation croissante nous rend sans cesse plus interdépendants. Le défi qui se pose à nous consiste à entretenir et amplifier ce phénomène de la mondialisation et à en distribuer plus largement les avantages au profit de la qualité de vie de tous les habitants de la terre. Nous devons aussi veiller à ce que nos institutions et nos structures s'adaptent à l'évolution rapide de la technologie et de l'économie qui caractérise le monde d'aujourd'hui.

  2. Le Sommet s'est penché sur trois grands impératifs auxquels le monde est confronté en cette veille du XXIe siècle :

    • réaliser partout dans le monde une croissance et un développement économiques durables, tout en préservant l'environnement et en favorisant une saine gestion des affaires publiques, pour permettre aux pays en développement de connaître une croissance plus rapide et de réduire la pauvreté, pour remettre les économies asiatiques émergentes sur la voie de la croissance, et pour poursuivre la libéralisation du commerce des biens et des services ainsi que de l'investissement dans une économie internationale stable;

    • réaliser dans nos propres économies une croissance durable à laquelle tous puissent participer, créer des emplois et lutter contre l'exclusion sociale;

    • combattre le trafic des drogues et la criminalité transnationale, qui menacent de saper cette croissance, portent atteinte à la primauté du droit et minent des vies humaines dans tous les pays du monde.

    Nous avons cherché dans chaque cas à convenir de mesures concrètes permettant de relever ces défis.

    Promouvoir une croissance durable dans l'économie mondiale

  3. Dans un monde interdépendant, nous devons nous efforcer d'implanter une croissance économique durable dans tous les pays. L'intégration mondiale est un phénomène que nous avons encouragé et façonné et qui rapporte des avantages incontestables à toute la population de la terre. Nous avons accueilli avec satisfaction les décisions historiques prises le 2 mai sur l'établissement de l'Union économique et monétaire européenne. Nous comptons sur le succès de l'UEM et sur sa contribution à la bonne tenue de l'économie mondiale. L'engagement des pays de l'Union européenne envers de saines politiques financières et la poursuite de la réforme structurelle est déterminant pour le succès à long terme de l'UEM et pour l'amélioration des perspectives de croissance et d'emploi.

  4. Les perspectives mondiales demeurent dans l'ensemble bonnes. Depuis notre dernière rencontre, toutefois, elles ont été temporairement assombries par la crise financière en Asie. Nous confirmons notre appui ferme aux efforts de redressement de la stabilité et de la croissance dans la région et au rôle clé des institutions financières internationales. Le succès des efforts de redressement en Asie aura d'importantes retombées pour nous tous. Voilà pourquoi :

    • nous sommes résolument en faveur des réformes entreprises dans les pays touchés et nous nous réjouissons des progrès déjà réalisés. Nous sommes convaincus que la stabilité pourra être rétablie moyennant la mise en oeuvre intégrale des programmes convenus avec le FMI. Les facteurs sous-jacents qui ont aidé l'Asie à connaître une croissance impressionnante dans le passé sont toujours présents. L'application des politiques retenues ainsi que les mesures prises par nous-mêmes et d'autres pays pour éviter les effets d'entraînement constituent la base d'une solide relance dans la région et d'une stabilité mondiale renouvelée;

    • nous croyons qu'une des grandes leçons à tirer de ces événements réside dans l'importance de saines politiques économiques, de la transparence et d'une bonne gestion des affaires publiques, autant d'éléments qui améliorent le fonctionnement des marchés financiers, la qualité des décisions économiques ainsi que la compréhension et l'appui des populations à l'égard de politiques judicieuses, et qui ce faisant favorisent la confiance. Il est également important de faire en sorte que le secteur privé joue, au bon moment, un rôle approprié dans la résolution des crises;

    • nous sommes conscients de l'impact sérieux de la crise dans la région sur les pauvres et les plus vulnérables. La réforme économique et financière devra être assortie dans les pays concernés de mesures et de politiques destinées à protéger ces groupes contre les pires effets de la crise. Nous notons avec satisfaction l'encouragement donné en ce sens par la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement et les donateurs bilatéraux ainsi que l'accent mis sur les dépenses sociales dans les programmes convenus par le FMI;

    • nous sommes préoccupés par le fait que les difficultés pourraient donner naissance à des forces protectionnistes à court terme à la fois dans la région et dans nos propres pays. Une telle tournure nuirait grandement aux perspectives de redressement. Nous sommes résolus à garder nos propres marchés ouverts et exhortons les autres pays à faire de même. Nous insistons sur l'importance pour les pays touchés de continuer à ouvrir leurs marchés à l'investissement et au commerce.

  5. À l'occasion de la célébration à l'OMC du cinquantième anniversaire du GATT la semaine prochaine,

    • nous réaffirmons notre volonté ferme de continuer à libéraliser le commerce et l'investissement dans le cadre multilatéral de l'OMC;

    • nous invitons tous les pays à ouvrir davantage leurs marchés et à résister au protectionnisme;

    • nous appuyons énergiquement l'élargissement de l'OMC dans le respect des règles et pratiques établies de cette organisation;

    • nous convenons de faire la promotion du système multilatéral dans le public en encourageant un examen de la transparence à l'OMC, comme dans d'autres organisations internationales;

    • nous réaffirmons notre appui aux efforts déployés pour compléter les accords multilatéraux existants, faire avancer l'ordre du jour incorporé et aborder de nouveaux domaines dans le cadre de la libéralisation multilatérale à grande échelle;

    • nous confirmons notre désir de voir les économies émergentes et en développement participer pleinement et efficacement au système commercial multilatéral; nous nous engageons à consacrer sans tarder les bienfaits tangibles de cette participation à la croissance et à l'allégement de la pauvreté dans ces pays; et nous promettons d'aider les pays les moins développés

      • en élargissant l'accès en franchise à leurs produits, au besoin sur une base autonome,

      • en veillant à la transparence des règles d'origine,

      • en soutenant les efforts de promotion de l'intégration régionale,

      • en les aidant à rendre leurs marchés plus attrayants et plus accessibles aux investissements et aux capitaux.

  6. Le dernier point met en lumière l'une des difficultés les plus épineuses auxquelles le monde est confronté : permettre aux pays en développement les plus pauvres, particulièrement en Afrique, de développer leurs capacités et de mieux s'intégrer à l'économie mondiale pour ensuite profiter des ouvertures créées par la mondialisation. Nous sommes encouragés par le nouveau climat d'espoir et de progrès en Afrique. Les obstacles sont de taille, mais la confiance de ces pays dans leur capacité de les surmonter ne cesse de grandir. Nous nous engageons à former un partenariat réel et efficace de soutien aux efforts de ces pays pour se réformer, se développer et atteindre les objectifs de développement économique et social convenus mondialement et exposés dans la Stratégie de l'OCDE pour le XXIe siècle. Nous collaborerons donc avec eux pour assurer partout au moins l'éducation primaire des enfants ainsi que pour faire baisser radicalement la mortalité juvénile et maternelle et la proportion de la population mondiale vivant dans une extrême pauvreté.

  7. Dans cette perspective, nous avons l'intention de concrétiser en tous points la vision que nous avons dépeinte à Lyon et à Denver. Nous nous engageons par conséquent à faire un effort international concerté aux fins suivantes :

    • bien seconder ces pays dans les efforts qu'ils font pour implanter la démocratie et une saine gestion de leurs affaires publiques, une société civile plus forte et une plus grande transparence, et pour agir contre la corruption, par exemple en faisant tout en leur pouvoir pour ratifier la Convention de l'OCDE contre la corruption avant la fin de 1998;

    • reconnaître l'importance d'accorder une aide au développement substantielle et de mobiliser des ressources de développement en faveur des programmes de réforme, par souci d'assumer nos responsabilités et de partager le fardeau, notamment en négociant le renflouement rapide et adéquat de la fenêtre de financement concessionnel de la Banque mondiale (IDA 12) de même qu'en fournissant les ressources voulues pour renouveler la Facilité d'ajustement structurel renforcée du FMI et le Fonds africain de développement;

    • canaliser l'aide des organismes bilatéraux de prêt et d'investissement vers des réformes judicieuses comme le développement de l'infrastructure sociale de base et les mesures destinées à améliorer le commerce et l'investissement;

    • travailler avec l'OCDE à une recommandation visant à délier l'aide versée aux pays les moins avancés en vue de proposer un texte en ce sens en 1999;

    • accorder d'une manière rapide et déterminée un allégement de leur dette à un plus grand nombre de pays selon les conditions de l'initiative convenue par les IFI et le Club de Paris à l'intention des pays pauvres lourdement endettés (PPLE). Nous nous réjouissons des progrès déjà accomplis avec six pays déclarés admissibles à un allégement de la dette pour les PPLE et avec deux autres susceptibles de l'être sous peu. Nous encourageons tous les pays admissibles à prendre les mesures voulues pour s'engager dans cette démarche le plus tôt possible afin que tous en fassent partie d'ici l'an 2000. Nous collaborerons avec les institutions internationales et les autres créanciers pour faire en sorte que les pays, dès qu'ils répondront aux critères, reçoivent l'allégement nécessaire et bénéficient au besoin de mesures provisoires pour se libérer pour de bon de leurs problèmes d'endettement. Nous espérons que la Banque mondiale participera à l'effort financier visant à aider la Banque africaine de développement à financer sa contribution à l'initiative destinée aux PPLE. Les pays qui ne l'ont déjà fait devraient également radier les dettes bilatérales liées à l'aide ou prendre des mesures comparables, particulièrement à l'endroit des pays les plus pauvres en cours de réforme;

    • inciter les pays qui ne l'ont pas déjà fait à radier la dette bilatérale liée à l'aide ou à prendre des mesures comparables à l'égard des pays les moins développés;

    • améliorer l'entraide concernant les maladies infectieuses et parasitaires et le soutien à l'Organisation mondiale de la santé dans ces domaines. Nous appuyons la nouvelle initiative destinée à enrayer la malaria afin de soulager les souffrances de centaines de millions de personnes et de diminuer grandement le taux de mortalité associé à cette maladie d'ici 2010. Nous poursuivrons aussi nos efforts pour endiguer le fléau mondial du SIDA par la mise au point d'un vaccin, par des programmes de prévention et une thérapie appropriée et par le maintien de notre appui à l'ONUSIDA. La proposition française d'une Initiative de solidarité thérapeutique et d'autres propositions pour la prévention et le traitement du SIDA seront étudiées plus à fond par nos experts.

  8. Nous constatons un besoin particulier de renforcer la capacité de l'Afrique de prévenir et d'atténuer les conflits comme l'a mis récemment en lumière le rapport du secrétaire général de l'ONU. Nous chercherons des moyens de raffermir la capacité des institutions établies en Afrique de donner une formation en prévention des conflits et en maintien de la paix, ainsi que de répondre comme il se doit aux besoins exceptionnels des pays pauvres qui, au lendemain d'un conflit, tentent de rebâtir leurs systèmes politiques, économiques et sociaux d'une manière conforme aux valeurs démocratiques et dans le respect des droits de la personne. Outre l'assistance humanitaire immédiate,

    • nous constatons la nécessité d'une aide technique et financière pour créer de solides institutions démocratiques et économiques, propices à une saine gestion des affaires publiques, en marge des programmes de réforme macroéconomique et structurelle soutenus par le FMI et la Banque mondiale. Nous demandons à la Banque mondiale de jouer un rôle important dans la coordination de l'aide bilatérale et multilatérale dans ces domaines;

    • nous convenons également de la nécessité d'examiner des façons de recourir à des mécanismes d'allégement de la dette, dont l'initiative destinée aux PPLE au besoin, pour libérer plus vite plus de ressources à des fins de redressement essentiel, particulièrement dans le cas des pays accusant des arriérés à l'endroit des IFI.

  9. Un des facteurs cruciaux du développement durable et d'une croissance globale réside dans l'efficacité du marché de l'énergie. C'est pourquoi nous souscrivons aux conclusions de la réunion de nos ministres de l'énergie tenue à Moscou en avril. Nous continuerons de coopérer dans le cadre du G8 sur les questions de l'énergie. Nous reconnaissons l'importance d'une stabilité politique et économique solidement implantée dans les régions de production et de transit de l'énergie. Soucieux d'assurer un approvisionnement en énergie qui soit fiable, économique, sûr et écologique pour satisfaire à la hausse projetée de la demande, nous nous engageons à encourager le développement des marchés de l'énergie. Il faut que la libéralisation et la restructuration destinées à favoriser l'efficience et un environnement concurrentiel reposent sur des cadres législatifs et réglementaires nationaux transparents et non discriminatoires afin qu'il en résulte un traitement équitable tant pour le gouvernement que pour le secteur privé de même que pour les entités nationales et étrangères. Ces cadres nationaux sont essentiels pour que nos secteurs de l'énergie obtiennent les nouveaux investissements dont ils ont besoin. Nous reconnaissons en outre l'importance de coopérer à l'échelle internationale pour aménager des réseaux internationaux de transport de l'énergie économiquement viables. Nous favoriserons cette coopération aux plans bilatéral et multilatéral et notamment dans le contexte et les principes du Traité sur la Charte de l'énergie.

  10. Considérant les nouvelles pressions concurrentielles qui s'exercent sur nos secteurs de production d'électricité, nous réaffirmons l'engagement pris au Sommet de Moscou en 1996 concernant la sécurité de fonctionnement des centrales nucléaires et le respect de normes élevées de sécurité partout dans le monde, et nous attachons la plus grande importance à l'application intégrale des accords de subvention du Compte de la sécurité nucléaire. Nous réaffirmons notre engagement à la mission déclarée du Groupe de travail sur la sécurité nucléaire. Nous avons convenu d'approfondir le rôle de la Russie dans les activités du Groupe de travail en vue de son éventuelle adhésion à titre de membre à part entière si les circonstances le permettent. Nous prenons acte de la coopération réussie dans le projet pilote du Réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER) et jugeons souhaitable de poursuivre la coopération internationale pour le développement de la fission nucléaire civile.

  11. La plus grande menace d'ordre écologique qui pèse contre notre prospérité réside dans les changements climatiques. Nous confirmons notre détermination à y faire face et souscrivons aux conclusions de la réunion de nos ministres de l'environnement tenue au château de Leeds. L'adoption à Kyoto d'un protocole assorti d'objectifs légalement contraignants a marqué un tournant historique dans nos efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Nous nous réjouissons de la signature récente du Protocole par certains d'entre nous et confirmons l'intention des autres parmi nous de le signer d'ici un an, et nous prenons la résolution d'entreprendre d'urgence les autres travaux nécessaires pour le ratifier et faire de Kyoto une réalité. À cette fin :

    • nous prendrons chacun dans notre pays les mesures nécessaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre;

    • comme l'indique le protocole de Kyoto, en guise de complément aux actions nationales, nous allons continuer de développer des mécanismes flexibles comme l'échange de droits d'émission internationaux basés sur le marché, la mise en oeuvre conjointe et le mécanisme pour un développement propre, ainsi que les puits. Notre objectif est d'arrêter des règles et des principes qui rendront le système d'échange de droits d'émission exécutoire, sujet à contrôle, vérifiable, ouvert et transparent, et garantiront l'efficacité du régime de conformité;

    • nous travaillerons ensemble et avec d'autres partenaires pour préparer la réunion de la 4e Conférence des parties à Buenos Aires cet automne. Nous chercherons aussi à établir avec tous les pays des objectifs pour limiter ou réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous essaierons de trouver le plus tôt possible un terrain d'entente concernant le fonctionnement du mécanisme de développement propre, et notamment la meilleure façon de tirer parti de l'expérience et de l'expertise des institutions existantes, dont le Fonds mondial pour l'environnement. Nous espérons accroître la participation des pays en développement, qui sont susceptibles d'être les plus touchés par les changements climatiques et dont la part des émissions s'accroît. Nous collaborerons avec les pays en développement pour susciter des efforts volontaires et des engagements, en fonction des circonstances qui leur sont propres et de leurs besoins de développement. Nous allons aussi accroître les efforts faits avec les pays en développement pour promouvoir le progrès de la technologie et sa diffusion.

  12. Les incendies de forêt qui ont dévasté récemment l'Asie du Sud-Est et l'Amazonie, menaçant non seulement notre environnement mais aussi la croissance économique et la stabilité sociale, illustrent l'importance cruciale de la coopération mondiale ainsi que de cadres et d'efforts concrets meilleurs et plus efficaces pour la gestion durable et la protection des forêts. En l'an 2000, nous ferons un bilan de la mise en oeuvre du programme d'action du G8 publié la semaine dernière. Nous appuyons énergiquement les travaux menés en ce moment sur les forêts sous les auspices des Nations unies et nous comptons poursuivre ces efforts.

    Croissance, employabilité et inclusion

  13. Tous nos citoyens, hommes et femmes, méritent de pouvoir contribuer à la prospérité nationale par leur travail et d'en retirer un niveau de vie décent. À cet égard, le défi actuel consiste à récolter les bienfaits de l'essor technologique et de la mondialisation de l'économie tout en faisant profiter tous nos citoyens de ces bienfaits par une croissance accrue, par la création d'emplois et par l'édification d'une société inclusive. Pour y parvenir, nous reconnaissons l'importance de moderniser les structures sociales et économiques nationales à l'intérieur d'un cadre macroéconomique sain. À ces fins, nous souscrivons sans réserve aux sept principes arrêtés par les Ministres des Finances, de l'Économie, du Travail et de l'Emploi du G8 à la conférence tenue à Londres en février sur la croissance, l'employabilité et l'inclusion. Nous accueillons aussi avec satisfaction les conclusions de la Conférence sur l'emploi de Kobe tenue en novembre 1997, où l'accent a été mis sur le vieillissement actif.

  14. Nous avons discuté et accueilli favorablement le plan d'action que chacun de nous a produit pour montrer comment les sept principes de la conférence de Londres étaient appliqués. En dévoilant l'expérience de chaque pays et ses meilleures pratiques dans ce domaine, il sera possible d'améliorer nos politiques et nos interventions. Nous avons souligné l'importance de faire participer les employeurs et les syndicats si nous voulons que nos plans d'action soient couronnés de succès.

  15. Les plans d'action montrent que nous prenons tous, chacun de notre côté, de nouveaux engagements pour améliorer l'employabilité et la création d'emplois dans nos pays. Nous nous sommes notamment engagés :

    • à prendre des mesures pour aider les jeunes, les chômeurs chroniques et les autres groupes touchés durement par le chômage à trouver du travail;

    • à prendre des mesures pour aider les entrepreneurs à lancer des entreprises;

    • à effectuer des réformes structurelles - comme rendre les régimes d'imposition et de prestations plus propices à l'emploi et libéraliser les marchés des produits;

    • à prendre des mesures pour favoriser l'apprentissage continu.

  16. Chaque pays a confirmé sa détermination à donner suite aux mesures avancées dans son plan d'action et à explorer plus à fond le concept du vieillissement actif. Les mesures prises à cet égard devraient viser à dégager les formes de travail appropriées aux besoins des travailleurs âgés et à y adapter le travail en conséquence.

  17. Ces mesures contribueront à générer une croissance équitable et solide. Nous sommes par ailleurs disposés à partager nos principes et nos expériences, au sein notamment des institutions internationales pertinentes, particulièrement l'OIT, l'OCDE et les IFI, afin de favoriser la croissance, la création d'emplois et l'inclusion non seulement à l'intérieur du G8 mais partout dans le monde. Nous renouvelons notre soutien pour faire progresser dans le monde la mise en oeuvre de normes du travail fondamentales reconnues à l'échelle internationale, y compris pour maintenir la collaboration entre les secrétariats de l'OIT et de l'OMC conformément aux conclusions de la conférence de Singapour et à la proposition en faveur d'une déclaration et d'un mécanisme de mise en oeuvre de l'OIT sur ces normes du travail.

    Lutte contre les drogues et la criminalité internationale

  18. La mondialisation a entraîné dans son sillage une hausse spectaculaire de la criminalité internationale. Celle-ci revêt des formes multiples, dont la contrebande des armes et des drogues, le trafic des êtres humains, l'utilisation des nouvelles technologies pour voler, frauder et contourner la loi, ainsi que le blanchiment des profits du crime.

  19. Non seulement ces crimes posent-ils une menace à nos propres citoyens et à leurs collectivités parce que des vies sont minées par la drogue et que les sociétés vivent dans la crainte du crime organisé, mais ils constituent aussi une menace mondiale qui risque de saper le fondement démocratique et économique des sociétés du fait de l'investissement de capitaux illégaux par des cartels internationaux, de la corruption, de l'affaiblissement des institutions et de la perte de confiance dans la primauté du droit.

  20. Pour combattre cette menace, la collaboration internationale est indispensable. Nous-mêmes avons cherché à améliorer cette coopération, surtout depuis le Sommet de Lyon en 1996. De grands progrès ont d'ailleurs été accomplis. Nous prenons acte à cet égard des travaux en cours à l'ONU, au sein de l'UE et dans d'autres groupements régionaux. Nous saluons les mesures prises par le Groupe de Lyon du G8 pour mettre en oeuvre ses 40 recommandations sur le crime organisé transnational et les propositions que les Ministres de la Justice et de l'Intérieur du G8 ont annoncées à leur réunion tenue à Washington en décembre dernier. En travaillant ensemble, nos pays s'entraident pour arrêter des criminels et démanteler des cartels. Mais il reste encore du chemin à faire. Il ne doit y avoir de refuge sûr ni pour les criminels ni pour leur argent.

  21. Nous nous sommes par conséquent entendus sur un train de mesures destinées à mieux contrer cette menace :

    • Nous appuyons sans réserve les efforts déployés pour négocier d'ici deux ans à l'ONU une convention efficace contre le crime organisé transnational qui donnera à nos autorités policières les outils supplémentaires dont elles ont besoin.

    • Nous convenons d'appliquer sans délai les dix principes et le plan d'action en dix points arrêtés par nos Ministres sur la criminalité technologique. Nous préconisons ardemment une étroite collaboration avec l'industrie pour qu'il y ait entente sur un cadre juridique permettant d'obtenir, de présenter et de garder des données électroniques comme éléments de preuve, tout en respectant comme il se doit la vie privée, et des accords sur l'échange de preuves dans le cas des crimes impliquant des partenaires internationaux. Nous pourrons ainsi combattre une multitude de crimes, y compris les utilisations abusives de l'Internet et des autres technologies nouvelles.

    • Nous avons accueilli avec satisfaction la décision du GAFI de poursuivre et d'élargir ses travaux contre le blanchiment de l'argent en association avec des groupements régionaux. Nous accordons une importance spéciale aux questions du blanchiment de l'argent et de la criminalité financière, et notamment aux problèmes engendrés par les centres financiers offshore. Nous accueillons favorablement la proposition de tenir à Moscou en 1999 une rencontre ministérielle sur la lutte à la criminalité transnationale. Nous avons convenu d'établir des unités de renseignement financier là où il n'en existe pas, dans le respect de nos constitutions nationales et de nos systèmes juridiques, afin de recueillir et d'analyser de l'information sur les blanchisseurs d'argent et d'entretenir des liens avec les organismes correspondants dans les pays partenaires. Nous nous sommes entendus sur des principes et sur la nécessité de mesures législatives adéquates pour faciliter la confiscation des avoirs détenus par des criminels reconnus, y compris des moyens de s'entraider pour retracer, geler et confisquer ces avoirs et, dans la mesure du possible et conformément à la législation nationale, pour partager avec les autres pays les avoirs saisis.

    • Nous convenons de la nécessité d'examiner des façons de combattre la corruption officielle découlant des importantes sommes d'argent criminel en circulation.

    • Nous sommes profondément préoccupés par toutes les formes de trafic d'êtres humains dont l'immigration clandestine. Nous avons décidé d'unir nos efforts contre le trafic des femmes et des enfants, notamment pour prévenir ces crimes, pour protéger les victimes et pour poursuivre en justice les trafiquants. Nous nous engageons à mettre au point une vaste stratégie multidisciplinaire, comprenant des principes et un plan d'action pour collaborer entre nous et avec des pays tiers, y compris les pays d'origine, de transit et de destination, afin de nous attaquer au problème. Nous voyons dans la future convention détaillée de l'ONU sur le crime organisé un instrument important pour y parvenir.

    • Nous souscrivons à une action policière commune contre le crime organisé et sommes favorables à la collaboration des organismes compétents pour lutter contre les réseaux criminels. Nous convenons de poursuivre notre action, particulièrement en ce qui a trait aux grandes routes de contrebande et à des formes précises de fraude financière.

    • Nous souscrivons aux principes et au plan d'action du Groupe de Lyon pour combattre la fabrication illégale et le trafic des armes à feu. Nous nous félicitons qu'il y ait eu entente pour élaborer un instrument juridique international exécutoire dans le contexte de la convention de l'ONU sur le crime organisé transnational.

  22. Nous exhortons le Groupe de Lyon à intensifier ses travaux et demandons à nos ministres de rendre compte à notre prochain sommet des progrès réalisés en regard du plan d'action sur la criminalité technologique, des mesures prises contre le blanchiment de fonds et des actions entreprises conjointement à l'égard du trafic des être humains. Nous nous réjouissons par ailleurs des mesures convenues par nos Ministres de l'Environnement le 5 avril pour lutter contre le crime environnemental.

  23. Il existe un lien étroit entre les drogues et l'ampleur nouvelle de la criminalité internationale et nationale. Nous attendons par conséquent avec intérêt la session extraordinaire de l'AGNU sur les stupéfiants. Celle-ci devrait traduire la détermination de la communauté internationale à se doter d'une stratégie détaillée pour bien circonscrire tous les aspects du problème des drogues. Pour sa part, le G8 prône résolument le partenariat et la responsabilité commune à l'intérieur de la communauté internationale pour combattre les drogues illicites. Ainsi, il faudrait resserrer la coopération pour contrer le trafic illicite des drogues et des précurseurs chimiques, prendre des mesures pour réduire la demande dans nos pays, notamment par des politiques visant à diminuer la dépendance à l'égard des drogues, et favoriser une approche globale pour éliminer les cultures illicites. Nous saluons l'approche globale retenue par le PNUCID pour éliminer ou réduire considérablement les cultures de drogues illicites, lorsqu'il y a lieu par des programmes de développement équivalents efficaces.

    Non-prolifération et contrôles à l'exportation

  24. La prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs menace la sécurité de chaque nation. Nos pays ont été à l'avant-scène des efforts accomplis pour empêcher la prolifération et nous avons travaillé en étroite collaboration pour appuyer les régimes de non-prolifération dans le monde. Nous nous engageons à poursuivre et à renforcer cette coopération. À titre d'élément clé de cette coopération, nous réaffirmons notre engagement envers la mise en oeuvre efficace des contrôles à l'exportation, dans le respect des engagements que nous avons pris dans le cadre des régimes de non-prolifération. Nous garderons comme objectif important le refus de soutenir les programmes relatifs aux armes de destruction massive et à leurs vecteurs. À cette fin, nous allons au besoin entreprendre et encourager le renforcement des lois, des règlements et de leurs mécanismes d'application. Nous allons par ailleurs favoriser entre nous et avec d'autres pays la collaboration en matière de contrôle des exportations, notamment en ce qui a trait à l'échange d'information. Nous demanderons à nos experts de veiller tout particulièrement à renforcer la mise en oeuvre des contrôles à l'exportation. Et nous allons sensibiliser davantage nos milieux de l'industrie et des affaires aux exigences des contrôles à l'exportation.

    Bogue de l'an 2000

  25. Le problème du bogue de l'an 2000 (ou du millénaire), associé au passage des ordinateurs à l'an 2000, présente un défi majeur à la communauté internationale. Ses répercussions sont ramifiées, en particulier dans les secteurs de la défense, des transports, des télécommunications, des services financiers, de l'énergie et de l'environnement, et nous avons pris acte de la dépendance vitale de certains secteurs par rapport à d'autres. Nous avons convenu de prendre de nouvelles mesures urgentes et de partager l'information qui aidera à éviter des bouleversements à court et à plus long terme. Nous collaborerons étroitement avec les entreprises et organisations de ces secteurs, à qui reviendra au premier titre la responsabilité du problème. Nous unirons nos efforts au sein des organisations internationales comme la Banque mondiale pour aider les pays en développement et l'OCDE à résoudre ce problème technologique critique et à se préparer à l'an 2000.

    Prochain sommet

  26. Nous avons accepté l'invitation du chancelier de la République fédérale d'Allemagne de nous réunir à nouveau l'an prochain à Cologne du 18 au 20 juin.

Le 17 mai 1998


Source: Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada.
Traduit par le Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international.

G8 Centre
Top

This Information System is provided by the University of Toronto Library and the G8 Research Group at the University of Toronto.

Ecrivez nous: g8@utoronto.ca
Revised: .


All contents copyright ©, 1995-1998. University of Toronto unless otherwise stated. All rights reserved.