Centre d'information sur le G8

Les sommets du G8
Sommet de Gênes, 20-21 juillet 2001

DÉCLARATION DU G7

Gênes, 20 juillet 2001

  1. Nous, chefs d'État et de gouvernement des pays du G7 et représentants de l'Union européenne, nous sommes réunis à Gênes aujourd'hui pour examiner les problèmes courants que révèlent les tendances macroéconomiques mondiales et intensifier les efforts destinés à favoriser la croissance et la stabilité et à améliorer l'ellicacité du système financier international.

    L'économie mondiale

  2. Même si l'économie mondiale a ralenti plus que prévu au cours de l'année dernière, des politiques économiques adaptées et de bons fondements économiques constituent des assises solides pour une plus forte croissance. Nous demeurerons vigilants et concentrerons notre attention sur l'avenir en adoptant les mesures nécessaires pour amener nos économies à un rythme de croissance plus soutenu et plus conforme à leur potentiel. Nous nous engageons à poursuivre des politiques qui contribueront à la croissance mondiale en favorisant une forte augmentation de la productivité dans un environnement macroéconomique sain, grâce à la réforme structurelle, au libre-échange et à une coopération économique internationale renforcée.

    Aux États-Unis, même si la croissance a considérablement ralenti, les tendances à long terme demeurent favorables. Les marchés sont dynamiques et flexibles, et les politiques tant monétaires que budgétaires sont activement mises à contribution pour appuyer la reprise tout en maintenant la stabilité des prix. Les réductions d'impôts récemment mises en oeuvre devraient renforcer la croissance.

    Au Canada, les réductions d'impôts et les conditions monétaires soutiennent la croissance et les politiques structurelles devraient continuer à avoir pour objectif l'accroissement de la productivité. Au Royaume-Uni, où le ralentissement semble modéré, les politiques devraient continuer à renforcer les fondements d'une croissance et d'un niveau d'emploi soutenus à moyen terme et à atteindre les objectifs fixés en matière d'inflation.

    Dans la zone euro, les perspectives de croissance demeurent favorables en dépit de l'affaiblissement de l'activité économique. Des réductions d'impôts ainsi que des réformes structurelles visant à augmenter davantage le niveau d'emploi devraient continuer à soutenir une croissance durable non inflationniste. L'application constante des réformes économiques contribuera à relever encore plus le potentiel de croissance.

    Au Japon, l'activité économique s'est encore affaiblie et les prix ont continué à baisser. Dans ce contexte, la politique monétaire devrait continuer à assurer d'abondantes liquidités. La mise en oeuvre énergique de réformes dans le secteur financier et le secteur des entreprises est nécessaire pour jeter les bases d'une plus forte croissance économique à moyen terme. Nous nous félicitons des initiatives de réforme récemment annoncées, qui contribueront à la réalisation de cet objectif.

  3. Les nouvelles économies de marché ne sont pas toutes touchées au même degré par les développements survenus dans l'économie mondiale. Dans certains pays, les taux de croissance ont ralenti pour atteindre un niveau plus durable, tandis que dans d'autres, ils ont très sensiblement baissé. Nous saluons les progrès réalisés par de nombreux pays, qui ont réussi à augmenter leur résistance aux crises potentielles, ainsi que les mesures prises l'année dernière afin de renforcer le système financier international et de mieux prévenir les crises. Toutefois, les récents développements survenus dans les nouveaux marchés montrent qu'il est nécessaire de progresser davantage au chapitre du renforcement des systèmes financiers nationaux et des positions budgétaires correspondantes. Les mesures récemment prises par l'Argentine et la Turquie représentent des étapes positives dans cette direction. Nous saluons leurs efforts et les encourageons à poursuivre leurs programmes de réforme en étroite collaboration avec le FMI et les autres institutions financières internationales compétentes.

  4. Le niveau élevé et la volatilité des prix du pétrole sont une source d'inquiétude dans l'économie mondiale, surtout pour les pays en développement les plus vulnérables. Des approvisionnements accrus et diversifiés en énergie, des rendements énergétiques améliorés, une infrastructure élargie et des marchés pétroliers stables constituent d'importants objectifs. Les pays producteurs et consommateurs de pétrole devraient maintenir des contacts étroits.

  5. En sus des politiques que nous avons mises en oeuvre dans nos propres économies, nous avons convenu aujourd'hui qu'il est important, pour renforcer l'économie mondiale, de coopérer dans trois autres domaines :

    Lancement d'un nouveau cycle de négociations commerciales

  6. Pour que le monde dans son ensemble connaisse une croissance économique soutenue, il est nécessaire de renouveler notre engagement en faveur du libre-échange. L'ouverture mondiale des marchés et le renforcement de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) comme pierre angulaire du régime commercial multilatéral constituent donc un impératif économique. C'est pour cette raison que nous nous engageons aujourd'hui individuellement et collectivement à agir en faveur du lancement d'un nouveau cycle ambitieux de négociations commerciales multilatérales à la quatrième conférence ministérielle de l'OMC, qui doit se tenir à Doha, au Qatar, en novembre prochain.

  7. Nous sommes déterminés à travailler avec les pays en développement, y compris les moins développés, pour que le nouveau cycle tienne compte de leurs priorités grâce à un meilleur accès aux marchés et à des règles commerciales plus saines et plus transparentes. Nous reconnaissons qu'il existe des préoccupations légitimes touchant la mise en oeuvre des accords du cycle de l'Uruguay. Nous nous félicitons des progrès réguliers réalisés jusqu'ici sur les questions de mise en oeuvre et sommes prêts à examiner les moyens de faire d'autres progrès parallèlement au lancement d'un nouveau cycle de négociations. Le renforcement des capacités est essentiel à l'intégration des pays en développement dans le régime commercial. Nous intensifions donc nos efforts pour prêter notre concours dans ce domaine, notamment auprès des institutions internationales.

  8. Dans l'intérêt de tous, le nouveau cycle devrait se fonder sur un ordre du jour équilibré, tout en clarifiant, en renforçant et en élargissant les règles multilatérales. L'amélioration du mécanisme de réglement des différents est au coeur de cet effort. Une plus grande transparence de l'OMC elle-même est également importante pour accroître la confiance dans le régime commercial mondial. L'OMC devrait continuer à répondre aux attentes légitimes de la société civile et à veiller à ce que le nouveau cycle soutienne le développement durable.

  9. Nous reconnaissons l'importance de l'élargissement de l'OMC sur des bases économiques saines. Nous nous réjouissons du fait que les négociations avec la Chine sont presque terminées et que des progrès sont réalisés en vue de l'accession de la Russie. Nous appuierons fermement d'autres candidats qui s'efforcent de satisfaire aux conditions d'une adhésion rapide, afin de faire de l'OMC une organisation vraiment universelle.

    Renforcement du système financier international

  10. L'augmentation de la croissance et de la prospérité mondiales dépend de façon critique d'un système financier international sain et stable. Nous sommes unanimes dans notre détermination à continuer de le renforcer pour prévenir les crises financières, limiter les conséquences des crises inévitables et nous attaquer aux abus financiers.

  11. Depuis le Sommet d'Okinawa, plusieurs mesures importantes ont été prises : initiatives destinées à augmenter l'efficacité de la prévention des crises grâce au renforcement de la surveillance exercée par le Fonds monétaire international (FMI) et à l'encouragement de la mise en oeuvre des principaux codes et normes internationaux; association du secteur privé aux efforts de prévention et de règlement des crises; rationalisation et réforme des facilités de prêt du FMI; renforcement de la transparence et de la responsabilité du FMI. Ces efforts devraient être maintenus.

  12. Considérant l'avenir, nous appuyons les recommandations de nos ministres des Finances en vue d'un plus grand renforcement du système financier international ainsi que leur engagement à parvenir à un consensus international en faveur de cette initiative. Les institutions financières internationales et les pays du G7 devraient en particulier être prêts à aider des pays à adopter les politiques nécessaires pour assurer un accès durable aux marchés de capital. Nous appuyons également les suggestions de nos ministres des Finances en ce qui a trait à l'élaboration d'un cadre pour la participation du secteur privé.

  13. Les banques de développement multilatérales (BDM) ont un rôle central à jouer dans la lutte contre la pauvreté en favorisant la croissance de la productivité et en appuyant un développement économique équitable et durable. Elles peuvent ainsi contribuer à la réalisation des objectifs internationaux de développement de 2015. À cette fin, nous saluons et appuyons les recommandations de nos ministres des Finances visant la réforme des BDM et la concentration de leurs activités sur les investissements sociaux et humains de base, et notamment la santé et l'éducation. Nous encourageons les BDM à poursuivre l'évaluation de leur structure interne en vue d'améliorer leur efficacité opérationnelle. Nous attachons une importance particulière aux facteurs suivants :

    Nous demandons aux BDM d'accorder leur appui aux initiatives mondiales d'intérêt public, comme la lutte contre les maladies infectieuses, la facilitation du commerce, la promotion de la stabilité financière et la protection de l'environnement. Nous appuyons un réapprovisionnement rationnel de l'IDA et, dans ce contexte, nous examinerons la possibilité d'un plus grand recours aux subventions pour les investissements sociaux prioritaires, dans des domaines tels que l'éducation et la santé.

  14. Nous réaffirmons notre appui à l'effort multilatéral de lutte contre les abus touchant le système financier mondial et souscrivons aux recommandations de nos ministres des Finances visant à s'attaquer à ce problème. Nous nous félicitons des efforts déployés par différentes administrations pour remédier aux faiblesses de leur régime de lutte contre le blanchiment des capitaux. Nous appuyons les décisions récentes par lesquelles le Groupe d'action financière a retiré quatre administrations de sa liste et a recommandé l'adoption de contre-mesures supplémentaires dans le cas de celles qui coopèrent le moins, si elles ne prennent pas des mesures suffisantes d'ici le 30 septembre 2001. Les institutions financières internationales ont un important rôle à jouer pour aider les administrations en cause à améliorer leur régime de lutte contre le blanchiment de capitaux. Nous les exhortons à intensifier leurs efforts dans ce domaine. Nous encourageons la poursuite de l'évaluation de l'observation des normes de supervision et de réglementation dans les centres financiers extraterritoriaux. Nous attendons avec intérêt le rapport d'étape 2001 de l'OCDE sur les pratiques fiscales dommageables et appuyons le travail, tel que l'ont envisagé nos ministres des Finances, visant à combattre ces pratiques. Nous demandons à nos ministres des Finances de poursuivre leur action dans ces domaines.

    Initiative PPTE

  15. L'Initiative renforcée en faveur des PPTE que nous avions lancée à Cologne vise à augmenter la croissance, à réduire la pauvreté et à ménager une porte de sortie durable pour les pays ayant une dette insoutenable, grâce à la réduction de la dette en fonction de réformes plus poussées. Nous nous réjouissons des importants progrès réalisés dans la mise en oeuvre de l'Initiative. À Okinawa, neuf pays s'étaient qualifiés pour l'allégement de leur dette. Aujourd'hui, vingt-trois pays (Bénin, Bolivie, Burkina Faso, Cameroun, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Guyana, Honduras, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua, Niger, Ouganda, Rwanda, São Tomé et Príncipe, Sénégal, Tanzanie, Tchad et Zambie) profitent de l'Initiative, l'allégement de la dette totalisant plus de 53 milliards de dollars, sur un stock initial de 74 milliards. Cela réduira considérablement les fonds que ces pays affectent au service de la dette, ce qui libérera des ressources pour les dépenses sociales et, en particulier, l'éducation et la santé.

  16. Nous avons tous convenu d'offrir au minimum 100 % de réduction de la dette relevant de l'aide publique au développement (APD) et des réclamations commerciales admissibles pour les PPTE qui satisfont aux conditions. Nous exhortons les pays qui ne l'ont pas encore fait à prendre des mesures semblables, et soulignons la nécessité d'une participation pleine, active et opportune de tous les créanciers bilatéraux à l'allégement de la dette des PPTE.

  17. Nous encourageons les PPTE qui n'ont pas encore atteint leur point de décision à entreprendre rapidement les réformes économiques et sociales nécessaires, y compris l'élaboration d'une stratégie de réduction globale de la pauvreté en collaboration avec la Banque mondiale et le FMI. Pour tirer parti au maximum de l'allégement de la dette, des réformes économiques, structurelles et sociales, une meilleure gestion des affaires publiques et une meilleure capacité de suivre les dépenses consacrées à l'atténuation de la pauvreté sont nécessaires. En particulier, nous demandons aux pays impliqués dans des conflits militaires de déposer les armes et de mettre en oeuvre les réformes nécessaires. Nous confirmons que nous sommes disposés à aider ces pays à prendre les mesures voulues pour se préparer à l'allégement de leur dette. Nous nous engageons à continuer à travailler pour que les bénéfices de l'allégement de la dette profitent aux pauvres et aux plus vulnérables.

    Sécurité nucléaire

  18. Nous nous réjouissons de la fermeture permanente de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, le 15 décembre 2000. C'était là une réalisation d'une importance vitale pour la sécurité nucléaire.

Source: Gouvernement du Canada


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