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Déclarations de Gleneagles (français)
Gleneagles Declarations (English)


Liban / Syrie :
Eléments d'intervention de Jacques Chirac

Gleneagles, 7 juillet 2005 - 20h15–22h00
Document de travail
I- LE LIBAN
1.1. Quatre mois après le meurtre de M. Hariri, il est possible de dresser un premier bilan de la mise en oeuvre de la résolution 1559.

Grâce à une mobilisation intérieure sans précédent, relayée par une action internationale et régionale exemplaire, la Syrie a retiré ses troupes du Liban, ce qui a permis l'organisation d'élections législatives transparentes. Le peuple libanais, enfin, a pu s'exprimer librement.

De fait, ces élections ont produit un véritable renouveau. Si le scrutin a confirmé l'urgence d'une réforme de la loi électorale, dont la mission d'observation de l'Union européenne a souligné les imperfections, le Liban n'en dispose pas moins aujourd'hui d'un Parlement représentatif de la plupart des sensibilités politiques.

Désormais, l'ancienne opposition possŹde la majorité absolue. Ses dirigeants ont donc les moyens nécessaires, politiques et parlementaires, pour engager un programme urgent de réformes. Ils ont un devoir de résultat. Nous les jugerons ą leur action.

Si les conditions indispensables au succŹs sont réunies, la communauté internationale fera écho ą leurs demandes. Elle a accompagné le Liban dans son combat pour la liberté. Elle doit źtre ą ses côtés, demain, sur la voie du renouveau. Pour arrźter les modalités de son concours, une conférence internationale est envisageable dans des délais raisonnables.

Mais nous nous y trompons pas : il ne nous revient pas de prendre, ą la place du Liban, les décisions qui s'imposent. Nous n'aiderons les nouvelles autorités que si elles s'aident elles-mźmes. Nous n'accompagnerons leurs réformes que si elles s'inscrivent dans un scénario crédible et raisonnable, conću par les Libanais, mis en oeuvre par des dirigeants pratiquant la bonne gouvernance et marquant leur volonté de lutter contre la corruption.

1.2. Une page de l'histoire du Liban se tourne. Mais les comptes du passé n'ont pas été totalement apurés.

La lumière n'est toujours pas faite sur l'assassinat de Rafic Hariri. Les commanditaires du meurtre ne sont toujours pas connus. Nous faisons confiance à la Commission Mehlis pour mener à son terme l'enquête dont elle a été chargée.

De même, la tentative d'assassinat contre Marouan Hamadé et les meurtres de Samir Kassir et de Georges Haoui n'ont pas été élucidés.

Tous ces actes odieux, dignes d'une époque qu'on croyait révolue, visaient des hommes connus pour leur indépendance d'esprit et leur vision d'un Liban débarrassé des ingérences. Ils cherchent à intimider, à convaincre la population et ses gouvernants que leur intérêt est d'accepter un protecteur étranger.

Autant de signes qui rappellent que la résolution 1559 n'est pas encore pleinement mise en oeuvre. Des doutes subsistent quant au départ réel du Liban de tous les éléments syriens. C'est pourquoi l'équipe internationale chargée de la vérification du retrait reste opérationnelle. C'est pourquoi, également, la mission de M. Roed-Larsen est loin d'être terminée et doit se poursuivre.

De même, le Hezbollah n'a pas encore déposé les armes. La communauté internationale le demande dans la résolution 1559 qui doit être intégralement appliquée. Il revient au gouvernement libanais d'exercer sa totale souveraineté sur tout son territoire. De mon point de vue, la solution passe par la participation, pleine et entière, du Hezbollah, comme de la communauté chiite, à la vie politique, économique et sociale du pays. Celle-ci viendra au terme d'un processus de dialogue entre les forces vives du Liban. Ce processus, qui doit être lancé sans attendre, devra prendre en compte également les besoins de développement économique et social du sud du pays.

II - LA SYRIE
2.1. Les événements que je viens de rappeler ont affecté la Syrie. C'est l'occasion pour elle de s'ouvrir ą son environnement régional et de s'adapter aux évolutions en cours dans le monde.

Dans l'immédiat, nous souhaitons que la Syrie établisse avec le Liban une relation égalitaire et respectueuse de sa souveraineté. C'est l'intérźt bien compris des deux pays, car chacun sait tout ce qui les rapproche.

Au-delà , la Syrie a vocation à revenir dans le jeu normal des relations internationales. Elle peut y contribuer dès à présent en cessant d'apporter son soutien aux forces qui recherchent la déstabilisation du Liban comme de la région.

De même, le gouvernement syrien doit prouver qu'il est prêt à faire le choix de la liberté et de la démocratie pour son peuple. La Syrie doit apporter sa contribution au développement économique national et régional. Le Moyen-Orient a besoin d'elle.

Dans cette perspective, l'intérêt de la Syrie est de mieux prendre en compte l'évolution du Proche-Orient et du monde. Il ne faudrait pas que sa réticence au changement finisse par lasser l'ensemble de la communauté internationale. Là n'est pas son intérêt. Le temps presse.

2.2. Bien entendu, nous comprenons que la Syrie aussi a de légitimes intérêts sécuritaires.

La paix au Proche-Orient, pour être juste, doit être globale. Une partie du territoire syrien reste occupé. Le règlement de paix entre Isra‘l et ses voisins arabes concerne donc au premier chef la Syrie, et il lui revient d'y contribuer.

Source: Présidence de la République


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This page was last updated July 17, 2005.

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