House of Commons Issue No. 16 Minutes of Proceedings and Evidence of the Standing Committee on Foreign and International Trade
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House of Commons Issue No. 16

Minutes of Proceedings and Evidence of the Standing Committee on Foreign and International Trade

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[English original]

Deuxièmement, pour ce qui concerne les investissements étrangers directs, dès le début de la métamorphose de l'Union soviétique qui a débouché sur la Russie, le gouvernement canadien et le gouvernement américain ont dit quel régime il fallait en Russie pour inviter les riches de ce monde à investir là-bas, ils ont dit que c'était important du moins à moyen terme, lequel moyen terme est bien sûr arrivé.

Troisièmement et finalement, si l'on a besoin pour la Russie de fonds intergouvernementaux, sous la forme de chèques ou de garanties de la part du G-7, ces genres de fonds existent depuis la fin des années 1980 dans l'une des capitales du G-7, Tokyo. Le problème est simplement attribuable au fait que le gouvernement japonais peut difficilement donner son accord à cette forme d'aide tant et aussi longtemps que la Russie voudra retenir l'un des legs staliniens de sa politique étrangère, à savoir l'occupation militaire des territoires nordiques du Japon. Si un processus de normalisation post-Guerre-Froide ne faisait que s'amorcer, je crois que les capitaux japonais envahiraient aussitôt la République russe; et ainsi, les autres membres du G-7 disposeraient des ressources voulues pour aider les plus pauvres des plus pauvres ailleurs dans le monde.

M. Helleiner: Le Mexique a été sauvé par les états-Unis en 1994 après l'assassinat du candidat à la présidence. Il s'agissait de toute évidence des états-Unis. À la fin de l'année et au début de 1995, cependant, les états-Unis seuls, sans le FMI et la Banque des règlements internationaux, n'auraient pas pu réunir assez d'argent pour apaiser les investisseurs. D'ailleurs, c'est grÉce à l'initiative du directeur général du FMI, qui a enfreint les règles de sa propre organisation lorsqu'il a vu que le congrès américain allait causer des difficultés au président Clinton, qu'on a pu réussir l'opération de sauvetage qui n'avait pas encore reçu l'aval de la Banque des règlements internationaux où les membres européens du conseil d'administration s'étaient abstenus. Il a mis sa tête sur le billot pour prendre une initiative dont l'économie mondiale avait besoin à son avis, parce que les états-Unis ne pouvaient pas agir.

D'une façon ou d'une autre, votre question demeure, à savoir qu'est-ce qui va se passer la prochaine fois? Le directeur général du FMI, quelques jours après, dans une entrevue de fond qu'il a accordée au Financial Times, a dit qu'à son avis dix autres pays, et le Canada serait l'un d'eux, risquent une situation semblable. Il a fait valoir avec force que nous n'avons pas de système pour ce monde nouveau. C'est un monde tout à fait nouveau. Des capitaux énormes circulent, sont de part et d'autre, presque sans préavis. La mécanique financière internationale, à savoir les institutions, doivent de toute urgence impartir clairement les responsabilités. Si ça va mal, qui est le premier à intervenir? Quel est notre système de gestion critique?

Il y a quelques années, lorsque les banques privées étaient en difficulté, c'était la Banque des règlements internationaux et un comité formé par cette banque qui déterminaient par la négociation qui servirait de prêteur de dernier recours si les grandes banques internationales semblaient en difficulté. On s'était entendu là-dessus.

À l'heure actuelle, nous n'avons pas de solution concertée semblable pour les crises prévisibles. Tant et aussi longtemps que ce sera le cas, nous serons tous vulnérables à des chocs beaucoup plus forts que nous pourrions éviter avec un peu de planification.

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Personne n'a contredit John Kirton lorsqu'il a dit que le Canada paie trop. Il contribue trop seulement aux institutions financières dont il a parlé, mais si l'on prend l'ensemble des contributions globales, le Canada se trouve au milieu du peloton au sein de l'OCDE. Comparativement à d'autres pays, le Canada a préféré investir davantage dans les institutions multilatérales, mais il n'a pas à assumer un fardeau plus lourd que les pays moyens de l'OCDE. La part du Canada est moins élevée que celle des pays scandinaves ou des Pays-Bas, qui, en matière de soutien aux institutions financières internationales, sont les premiers de la classe.

Je m'en voudrais de vous donner l'impression que le Canada porte un fardeau trop lourd à certains égards. Au contraire, je crois que si nous devions nous conduire comme d'autres pays, notre fardeau serait plus lourd.

Le président: Il nous reste dix minutes. Monsieur Bergeron.

[Texte originale en français]
Mr. Bergeron (Verchères): I am wondering a bit about Canada's place within the G-7. In the light of a number of elements which were raised by Mr. Helleiner, it is quite obvious that there are many countries which would like to join the G-7. We're thinking for instance of countries whose economy is now bigger in size than that of Canada, for instance Spain. There are other countries, for instance Russia, which would like to join the G-7 for political reasons or others. You have mentioned yourself that on October 11 1994, an editorial in the Globe and Mail raised that idea that Canada could eventually give up its seat for China or India.

Moreover, you also mentioned that Canada would be sort of marginalized within the G-7 through the creation of a sort of informal G-3 which would include the European Union, the United States and Japan.

The question that I want to ask you is the following. What will be the role of the G-7 in the future? Does the G-7 still have a role to play? Will we not have, in the coming years, a G-8, a G-9 or a G-10, where the real decisions will be made by the G-3? Canada would retain a very minor role in that group of the 7, 8, 12 or 20 more industrialized countries. What is the future of the G-7, in your view, and what would be Canada's place within that changing structure?

[English original]
M. Boehm: Lorsqu'on examine les institutions et leur évolution, qu'il s'agisse d'institutions financières ou, sur un plan plus global, d'une structure comme celle des Nations unies, il est évident qu'il faut un examen quelconque au bout de 50 ans et un changement quelconque.

Je ne dirais pas que le G-7 est à l'abri de cela. En pratique, on a créé au cours des quelques dernières années un G-7-plus-un qui fait intervenir la Russie pour les discussions à caractère politique. À Naples, la Russie était présente pour discuter de questions politiques le dernier jour, mais n'a pas pris part aux discussions macro-économiques et autres où il était question de la Banque, du Fonds et autres questions où la Russie ne joue pas du tout le même rôle que les autres pays.

Pour ce qui est de notre place, diverses personnes ont écrit que le Canada ne devrait pas y être, que l'Espagne devrait y être. Mais je crois qu'il n'y a pas de critères officiels d'adhésion ici. On peut faire la somme de notre pouvoir d'achat, des coefficients et autres facteurs pour déterminer si le Canada a sa place au G-7. À certains égards, c'est le cas, et à d'autres non; c'est évident.

Ce que nous devons faire, c'est penser en termes qualitatifs et pas nécessairement quantitatifs. Nous sommes une grande nation commerçante. Je crois que c'est pour cette raison que nous voulons en faire partie. Pour ce qui est de l'aide au développement officiel calculée par personne, le Canada vient au rang cinquième plus des donateurs du G-7. Nous jouons un rôle important dans les opérations de maintien de la paix et nous avons des intérêts dans presque toutes les grandes organisations internationales, où certains de nos collègues du G-7 ne sont pas représentés, par exemple, le Commonwealth et la Francophonie. Nous sommes membres des deux.

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Chose intéressante, et je le dis à titre personnel, c'est que dans la part que j'ai prise aux préparatifs des sommets G-7 et à ces derniers, jamais un autre pays membre n'a exprimé de réserve sur a place que nous y occupons. Ce sont habituellement des Canadiens qui posent cette question.

Le président: Pouvez-vous abréger? Il nous faudra ajourner dans cinq minutes.

M. Kirton: Une brève observation à ce sujet. Depuis 1977, soit depuis que la composition actuelle du G-7 a été établie, on s'entend de plus en plus pour dire que les sept pays membres sont ceux qui devraient y être, particulièrement depuis que le Canada a été admis au club des ministres des finances, le G-5, qui est devenu le G-7 en 1986. Depuis lors, des aspirants se sont mis sur les rangs presque chaque année, mais aucun n'a résisté à l'épreuve du temps.

Je ferais valoir, avec encore plus de vigueur que Peter, que si l'on considère les moyens d'intervention relatifs dans les situations qui ont été et qui seront toujours au coeur des pourparlers du sommet, le Canada a bien sa place parmi les sept premiers. L'écart entre le Canada et le pays suivant est très grand. Il faut également se rappeler que le G-7 est un forum mondial et que, ne serait-ce que par sa géographie, le Canada est un acteur mondial. Ses intérêts en matière de politique étrangère sont transocéaniques. Le Canada a une politique étrangère tous azimuts. C'est relativement nouveau dans le système international qui évolue au sein du G-7.

Le président: Monsieur Volpe, une petite question.

M. Volpe (Eglinton--Lawrence): Monsieur le président, merci beaucoup. Je vous félicite d'avoir su inviter au comité des experts aussi érudits. Ils sont non seulement érudits, mais ils possèdent aussi une connaissance profonde de leur domaine. Je vais donc les éprouver en leur posant une question très simple qui découle de votre question et de celle de mon collègue, Jesse Flis.

Vous avez une liste de souhaits, et le sommet aura lieu dans quelques mois. Monsieur Kirton, que devrait faire le Canada pour conserver le même pouvoir qu'ont obtenu deux premiers ministres précédents?

M. Kirton: On en est au début des préparatifs du sommet, et c'est pourquoi ma liste de souhaits est modeste. Si j'avais un souhait à exprimer, je voudrais voir dans le communiqué d'Halifax ou dans un résumé commun du G-7 une résolution collective faisant de la réduction des dépenses militaires une condition d'aide importante en cette ère post-guerre froide, afin que nous puissions maîtriser les nouveaux problèmes de sécurité et que les IFIS et les BMD se préoccupent davantage de développement durable, de manière générale.

Le président: Nous allons entendre Gordon Smith demain.

Nous allons demander à M. Helleiner et ensuite à M. Bertrand s'il peut....

M. Helleiner: L'essentiel, à mon avis, c'est de lancer un processus sérieux au niveau intergouvernemental, qui donnerait lieu à un examen collectif du FMI, de la Banque mondiale et de leurs rapports avec les Nations unies, l'Organisation mondiale du commerce et les Banques de développement régional.

[Texte originale en français]
Mr. Bertrand: We should require, as a minimum, that our own government request from their representatives at the World Bank and at the IMF to be accountable before Parliament, and that within these two organizations, Canada exert pressures to obtain more transparency and democratization. There are other countries doing it. Canada should do it too.

[English original]
Le président: Merci beaucoup.

Chers collègues, je tiens à remercier vivement en votre nom nos témoins. Les renseignements qu'ils nous ont donnés nous seront très utiles pour la préparation de notre voyage à Washington--ils ont enrichi notre savoir--et je crois que ces renseignements seront très utiles à la rédaction de notre rapport avant le sommet d'Halifax.

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À tous, merci beaucoup d'être venus.

Comme mes collègues le savent, nous avons un témoin qui attend dehors, je ne vous retiendrai donc pas. Le comité va maintenant entendre le ministre des Affaires étrangères de la république Tchèque et je vous invite à rester. Je vous rappelle aussi qu'il y a réunion du comité de direction à 15h15 aujourd'hui.

Il y aura rencontre informelle avec la délégation péruvienne au bureau de M. English, pièce 285, édifice de la Confédération, à 16h30, pour les membres du comité qui sont intéressés et qui peuvent y aller.

De même, demain, et je suis désolé de vous l'apprendre si tard, nous recevrons M. Gordon Smith et Mme Louise Fréchette à 15h30, pièce 371, édifice de l'Ouest. Vous vous rappellerez que Gordon Smith est sous-ministre des Affaires étrangères et Louise Fréchette sous-ministre des Finances. Ce sont les sherpas responsables de la politique générale et de la politique financière en vue du sommet du G-7.

Je n'aime pas avoir autant de séances au programme. Je sais que nous sommes tous occupés, mais je veux seulement vous rappeler que si nous devons aller à Washington et y rencontrer des gens, il est très important que nous rencontrions au préalable nos deux principaux acteurs au sommet du G-7. Cette rencontre aura lieu à 15h30, pièce 371, édifice de l'Ouest, demain, et j'invite tous les membres du comité à y être, s'ils le peuvent.

Je propose que nous prenions une pause de deux minutes avant d'entendre le ministre des Affaires étrangères de la république Tchèque.

[La séance se poursuit à huis clos.]

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