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Perspectives pour le sommet de Pittsburgh

John Kirton, directeur, et Jenilee Guebert, rechercheur, Groupe de recherche sur le G20
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Le G20 est en constante évolution. Cependant, grâce à un ordre du jour qui va bien au-delà des enjeux financiers et économiques, il a le potentiel de faire des progrès dans les dossiers du changement climatique et du développement.

Les 24 et 25 septembre 2009, les dirigeants des pays systématiquement significatifs du G20 se réuniront à Pittsburgh, en Pennsylvanie, pour leur troisième sommet. Il donne suite aux sommets qui ont eu lieu à Washington DC (14 et 15 novembre 2008) et à Londres (1er et 2 avril 2009). Le sommet du G20 retourne aux États-Unis; Pittsburgh donnera la première occasion au président Barack Obama, dont la popularité est substantielle tant au pays qu’à l'étranger, d’accueillir un sommet mondial et d’écrire une page d’histoire sur la scène internationale.

Le Sommet de Pittsburgh abordera un ordre du jour large. Il fera fond sur les accomplissements ambitieux du premier ministre britannique Gordon Brown au Sommet de Londres – et il le surpassera, de plusieurs façons. L’ordre du jour et les succès dépendent de plusieurs événements récents. Contrairement à l'institution bien établie du sommet G8, qui fonctionne depuis 1975, le nouveau sommet du G20 est un processus en évolution dont le plein potentiel sera découvert par ses membres et ses hôtes. Les grandes initiatives des sommets du G20 découlent d’événements actuels. Ces sommets, avec leur accent important sur les finances et l’économie, reposent sur le nouvel état de l’économie mondiale et du système financier en vigueur au moment de la rencontre. Le Sommet de Pittsburgh sera aussi touché par les élections potentielles dans le deuxième plus puissant pays au monde, le Japon, le 30 août, et dans le troisième pays le plus puissant, l’Allemagne le 27 septembre.

Parmi la multitude de possibilités, Pittsburgh présentera probablement un programme puissant, qui couvrira les sphères financière et économique, globale et transnationale, et même socio-politique. Les stimuli macroéconomiques, les bonis pour banquiers responsables, la libéralisation du commerce multilatéral, la réforme des institutions financières internationales (IFI), le contrôle du changement climatique et l’architecture du G20 partageront le centre de l’attention. Les monnaies, la majorité des réglementations financières domestiques, une charte économique pour une finance éthique, l’antiprotectionnisme, le développement – y compris la nourriture et la santé – et le programme nucléaire d'Iran seront relégués au deuxième rang.

Le message principal de cette rencontre sera de maintenir le cap au chapitre de la stimulation plutôt que de se précipiter vers des stratégies de sortie. L'Allemagne et la France, encouragées par les économies qui s’améliorent, voudront que le G20 concentre son énergie politique sur l’atténuation de la menace d’une autre grande dépression et la revigoration mondiale. Les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada, quant à eux, ont des économies qui luttent encore; le chômage y est à la hausse tandis que la consommation et la confiance sont nettement limitées. Ils argumenteront que le rétablissement fragile est le résultat d’une intervention gouvernementale sans précédent qui doit être maintenue jusqu’à ce que le marché du secteur privé, les entreprises et les consommateurs reprennent leurs activités habituelles. Soutenu par la majorité des autres membres du G20, ce point de vue prévaudra. Cependant, d’autres projets seront mis en place pour concevoir les stratégies de sortie prudentes et coordonnées et seront mis en œuvre l'année prochaine si tout va bien. On gardera pour plus tard les mesures concrètes relatives à la volatilité des cours et aux déviations, aux déséquilibres internationaux et au régime de monnaie mondial, une fois le rétablissement économique bien assuré.

Sur le sujet de la réforme financière réglementaire domestique, on gardera la majorité des détails diaboliques pour les ministres des Finances du G20 qui prendront des décisions, lors de leur réunion régulière au mois de novembre. À Pittsburgh, les dirigeants du G20 demanderont que l’on adopte la pratique de rémunération responsable pour les entreprises privées, que l’on apaise la colère des citoyens et du corps législatif en Amérique et ailleurs. Conformément à la promesse récente du G8, ils approuveront le cadre de travail de Lecce, qui a vu le jour en Italie, en tant que codification de règles sur le comportement que les entreprises devraient adopter. Ils pourraient endosser aussi, deux jours avant les élections législatives d'Allemagne, la charte économique proposée par la chancelière Angela Merkel, ajoutant ainsi une fondation éthique aux règles fixes qui peuvent être rapidement troublées dans un monde en évolution rapide.

Sur le sujet du commerce multilatéral, les dirigeants du G20 prendront encore une position non protectionniste. Ils garantiront que le financement des transactions commerciales provient de fournisseurs publics jusqu’à ce qu’il soit à nouveau la source du secteur privé. Les dirigeants se concentreront sur la préparation du déplacement du sommet du G8 à Aquila afin que la ronde de Doha soit terminée d’ici 2010 d’une manière qui, bien que modeste, soutiendra le développement pour les plus pauvres du monde.

Le développement sera aussi en soi, avec un effort pour atteindre, d’ici 2010, comme promis, les objectifs relatifs à l’aide officielle au développement promise par les pays industrialisés, de même que les Objectifs de développement du millénaire (ODM) d’ici 2015. Cependant, il y a fort à douter que Pittsburgh égale la somme de 1,1 billion de dollars en argent frais que Londres a mobilisé pour répondre aux besoins immédiats des pauvres et pour produire le stimulus mondial. Ce sommet essaiera de concrétiser les engagements pris à Londres et de garantir que les nouvelles ressources sont utilisées efficacement pour combattre l’insuffisance de nourriture et les crises sanitaires.

Alors que Londres a donné aux IFI les ressources additionnelles dont elles avaient grandement besoin, Pittsburgh concentrera ses efforts sur la réforme de ces institutions pour donner aux économies émergentes la voix et le vote plus forts qu’ils cherchent au sein des organismes aux missions et aux mandats contemporains dignes du 21e siècle. Les échéances sont courtes - printemps 2010 et janvier 2011 - pour une révision des quotes-parts dans la Banque mondiale et le Fonds monétaire international respectivement; il faudra voir si les Européens se joignent aux Américains et aux Canadiens pour renoncer à leurs privilèges de 1944 aux pays émergents, principalement l’Asie, qui a beaucoup d'importance de nos jours.

Le plus gros défi et la réalisation la plus complexe de la rencontre à Pittsburgh porteront sur le changement climatique. Le sommet pourrait bien produire un plan acceptable pour financer son atténuation et l’adaptation à ces changements. Ceci est nécessaire, si non suffisant, pour les négociations qui se trouvent dans une impasse en prévision de la conférence des Nations unies à Copenhague, en décembre, pour créer un régime de contrôle efficace du carbone afin de remplacer le protocole de Kyoto. Les dirigeants du G20 appuieront également la stimulation et l'investissement écologiques, le développement de technologies propres, la diffusion et le transfert, peut être même un régime de plafond et d’échange compatible à l’échelle internationale ainsi que la libéralisation du commerce écologique des biens et services bons pour l’environnement.

Le plus grand héritage du sommet de Pittsburgh proviendra de l’architecture du G20, dans ses décisions relatives à la pertinence de tenir un autre sommet, à son emplacement et au moment de se réunir et à la manière d’institutionnaliser un processus qui prouvera sa centralité et sa valeur au monde. Si les dirigeants du G20 décidaient de tenir un autre sommet au printemps en Asie, surtout en avril, en Corée du Sud, ils donneraient un formidable élan au G20 et à la gouvernance mondiale. Ils affirmeraient alors que ce groupe de dirigeants composé de pays chefs de file, entièrement égaux, établis et émergents consoliderait la rencontre estivale annuelle du « G8-plus », fournissant ainsi la direction responsable et efficace trois fois par année pour un monde changeant et intensément interrelié. Comme le mentionnait sagement le président Obama lors du Sommet du G20 à Londres, au mois d'avril : « Je suis fier que le G20 ait consenti à se rencontrer encore cet automne, parce que je crois que nous n’en sommes qu’à nos premiers pas. Nos problèmes ne seront pas résolus au bout d’une seule réunion; ils ne seront pas résolus au bout de deux réunions. Nous devrons faire preuve de dynamisme si nous voulons façonner ler événements. »

Traduction: Sophie Langlois, G20 Research Group, avec Suzanne Aubin, Le plein sens enr

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