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Gleneagles Official Documents


Point de presse de M. Jacques Chirac, à l'issue de la 2ième séance plénière du Sommet du G8

Gleneagles, 7 juillet 2005

Bonjour Mesdames, bonjour Messieurs,

Je salue tous les journalistes d'o qu'ils viennent et notamment les collgues franais. Ce Sommet a ŽtŽ marquŽ ce matin par la terrible nouvelle des attentats de Londres qui ont profondŽment choquŽ tout ses membres. Une action terroriste qui, une fois de plus, ignorant tout sentiment humain, a fait des dizaines de victimes civiles qui, naturellement, n'assumaient aucune responsabilitŽ d'aucune sorte et d'aucune nature et qui ont ŽtŽ atteintes dans leur vie, dans leur corps, dans leur dignitŽ par des sauvages.

Alors, bien entendu, nous avons ŽtŽ unanimes et solidaires, les Huit et les Cinq qui nous ont rejoints, pour condamner, cela va de soi, et pour exprimer au peuple britannique tout entier, notamment aux Londoniens, mais aussi ˆ Sa MajestŽ la Reine et au Premier ministre et ˆ toutes les autoritŽs civiles et militaires du Royaume, notre profonde Žmotion, notre compassion et notre solidaritŽ.

Tout naturellement, le Premier ministre Tony BLAIR a rejoint Londres, ce qu'il devait faire pour assumer ses responsabilitŽs et apporter sa compassion personnelle aux victimes et ˆ leurs familles et nous avons continuŽ nos travaux, ce qui Žtait lŽgitime. Je ne sais pas si les terroristes avaient pour ambition de nous empcher de travailler, si tel Žtait le cas, ils n'auront pas rŽussi. La seule chose qu'ils ont rŽussie, c'est de renforcer encore la solidaritŽ entre les treize nations qui Žtaient autour de la table.

Je voudrais Žgalement, autre drame inexcusable, condamner avec la plus grande fermetŽ, l'assassinat odieux de l'Ambassadeur, le diplomate Žgyptien, Ambassadeur d'Egypte en Irak. J'ai eu l'occasion, de mme d'ailleurs que les autres chefs d'Etat et de gouvernement, d'adresser au PrŽsident Hosni MOUBARAK nos trs sincres condolŽances et, lˆ aussi, notre solidaritŽ.

Nous avons continuŽ ˆ travailler. Alors, ce matin, nous avons discutŽ d'abord de la situation Žconomique mondiale. Un tour d'horizon utile pour que chacun comprenne bien les inquiŽtudes et les problmes des autres. J'ai, pour ma part, rendu compte de la poursuite des rŽformes qui ont ŽtŽ engagŽes en France et j'ai eu l'occasion d'Žvoquer, avec d'autres les prŽoccupations qui sont les n™tres pour ce qui concerne le pŽtrole et notamment la nŽcessitŽ de travailler de faon mieux coordonnŽe pour la gestion du pŽtrole et la ma”trise de ses cours et Žgalement les taux de change qui sont actuellement une prŽoccupation pour chacun d'entre nous. Et puis, nous sommes arrivŽs ˆ ce qui Žtait la substance de notre discussion d'aujourd'hui, c'est-ˆ -dire le changement climatique en gŽnŽral et notamment en relation avec le dŽveloppement des pays Žmergents, dont cinq Žminents reprŽsentants Žtaient autour de la table.

Alors, comme vous le savez probablement, j'ai soutenu ds le dŽpart la proposition du Premier ministre britannique, M. BLAIR, d'en faire une des deux prioritŽs du G8 : le changement climatique et l'aide au dŽveloppement ˆ l'Afrique. Nous avons travaillŽ, la France et le Royaume-Uni, la main dans la main pendant toute la prŽparation de ce G8 et naturellement au moment de la nŽgociation. Pour une raison simple, c'est qu'ˆ l'Žvidence il y a eu urgence. Le changement climatique est une rŽalitŽ qui est terriblement menaante, qui est dangereuse pour nos modes de vie, dont l'homme est Žvidemment le premier responsable et dont il sera, aussi, la victime.

Il est tout de mme frappant de constater, on a pu s'interroger dans le passŽ, sur les rapports entre notamment les Žmissions de gaz ˆ effet de serre et les modifications climatiques. Aujourd'hui, on ne peut plus s'interroger. Tous les scientifiques les plus compŽtents se sont prononcŽs et de faon, aujourd'hui, unanime. C'est ce qu'ont rappelŽ notamment les dŽclarations des huit acadŽmies des sciences unanimes, des huit pays du G8. Je crois que c'est sans prŽcŽdent. Elles ont ŽtŽ rejointes dans ce diagnostic par une dŽclaration identique de la part des acadŽmies des sciences de la Chine, l'Inde et du BrŽsil.

Aprs l'entrŽe en vigueur du protocole de Kyoto -c'Žtait en fŽvrier dernier- nous devrons donc aller de l'avant pour que tous les pays industrialisŽs s'engagent pour impliquer davantage les pays Žmergents au moment capital o ils font des choix ŽnergŽtiques dans le cadre de leur dŽveloppement qui vont marquer les cinquante prochaines annŽes. Donc, il y a la nŽcessitŽ d'une association Žtroite entre les pays industrialisŽs et les pays Žmergents pour ma”triser ce phŽnomne.

Nous avons beaucoup travaillŽ au cours des derniers mois pour tenter de rapprocher les positions, celles des sept pays membres du G8 qui ont approuvŽ le protocole de Kyoto et celle des Etats-Unis qui divergeait quelque peu. Au cours de ces derniers jours, l'Žvolution de la nŽgociation m'a vite amenŽ, pour ce qui concerne la France, ˆ rappeler quelles Žtaient les conditions pour qu'un accord soit possible. Je vais y revenir d'un mot. Nous avons constatŽ effectivement une Žvolution. Une Žvolution sensible de la position amŽricaine qui permettait de s'orienter et je pense, si tout est confirmŽ, vers un accord qui sera un pas important -non pas dŽcisif, ils ne le sont jamais dans ce domaine-, mais important, vers une amŽlioration de la situation.

En effet, sur la science, j'avais, certains d'entre vous le savent, dŽfini cinq conditions qui me paraissaient tre ˆ la base d'un accord possible. Sur la science, la dŽclaration qui va tre agrŽŽe, je pense, devrait reconna”tre la rŽalitŽ du changement climatique et la responsabilitŽ humaine, notamment la part des combustibles fossiles. Sur l'urgence, le deuxime point, la dŽclaration devrait insister sur le fait qu'il faut agir ds maintenant pour ralentir l'augmentation des gaz ˆ effet de serre en vue de stabiliser et de rŽduire ces Žmissions. Et cela c'est une avancŽe rŽelle.

Le troisime point, c'Žtait sur Kyoto qu'il n'Žtait pas, au dŽpart, envisagŽ mme de citer, alors que c'est pour nous la loi. Et sur Kyoto, il devrait y avoir deux rŽfŽrences dans les textes que nous allons examiner. Pour nous, le protocole de Kyoto demeure, ˆ l'Žvidence, le cadre naturel qui doit rŽgir dans ce domaine l'action internationale. Nous nous voyons rŽaffirmer aussi notre engagement commun ˆ mettre en oeuvre la convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique dont tous les pays du G8, je le rappelle, tous, sont membres. Et nous devrions pouvoir nŽgocier, dans ce forum, une action collective ˆ long terme.

Sur les mŽcanismes de marchŽ, enfin, c'Žtait la cinquime condition, nous devrions lancer un dialogue, c'est un premier pas, sur les synergies possibles entre le marchŽ europŽen des permis d'Žmissions, sous le rŽgime de Kyoto par consŽquent, et les mŽcanismes similaires qui existent aux Etats-Unis et qui, jusqu'ici, avaient ŽtŽ exclus de toute possibilitŽ par les AmŽricains eux-mmes, de synergie entre les deux systmes. L'accord auquel nous devrions parvenir est un accord important, mme s'il ne va pas aussi loin que, pour ma part, je l'aurais souhaitŽ. Mais il a une vertu essentielle ˆ mes yeux, c'est de rŽtablir le dialogue et la coopŽration entre les sept de Kyoto et les Etats-Unis sur un sujet capital et sur lequel il est essentiel d'avoir une action coordonnŽe et une synergie forte.

C'est le point, ˆ mes yeux, le plus important de ce qui figure dans cette rŽsolution, dans la mesure o elle sera dŽfinitivement adoptŽe. Cela constitue aussi un signal important en direction des pays Žmergents et il est tout ˆ fait Žvident que la position commune vers laquelle nous nous orientons a ŽtŽ dŽcisive dans l'attitude et les conclusions qui ont ŽtŽ tirŽes, notamment par les cinq pays Žmergents qui Žtaient avec nous autour de la table aujourd'hui. Nous allons donc lancer un dialogue avec ces pays Žmergents, portant notamment sur les transferts de technologies et le financement de leur dŽveloppement propre, et leur dŽveloppement ŽnergŽtique propre, et un rendez-vous est fixŽ au G8 de 2008 qui se tiendra au Japon.

J'ai proposŽ que ce dialogue explore de nouvelles pistes de coopŽration scientifique et industrielle, de nouveaux mŽcanismes de marchŽs adaptŽs ˆ leur situation, ˆ la situation des pays Žmergents et de nouveaux financements pour leur dŽveloppement propre.

L'an prochain, la prioritŽ de la prŽsidence russe -et le PrŽsident russe nous l'a confirmŽ- sera la sŽcuritŽ ŽnergŽtique et compltera utilement celle du changement climatique qui Žtait retenue par la prŽsidence britannique, cette annŽe, les deux sujets Žtant naturellement tout ˆ fait intimement liŽs. Et je me rŽjouis de ce choix de la future prŽsidence russe.

Enfin, et nous en sortons, nous avons fait le point avec l'envoyŽ du quartet dans la rŽgion du Moyen-Orient, M. James WOLFENSOHN, sur le retrait israŽlien de Gaza. Il faut absolument rŽussir ce retrait, il faut l'inscrire dans la perspective de la feuille de route. Et je dois dire que nous avons ŽcoutŽ avec beaucoup d'attention M. WOLFENSOHN qui a fait un travail admirable de tŽnacitŽ, d'intelligence, qui a vraiment cernŽ le problme avec beaucoup de finesse et de volontŽ de rŽussir. Nous l'avons tous chaleureusement fŽlicitŽ. Pour ma part, j'ai proposŽ qu'une confŽrence internationale se rŽunisse pour donner suite aux propositions que nous fait et que nous fera M. WOLFENSOHN.

Voilˆ pour la rŽunion d'aujourd'hui. Par ailleurs, j'ai eu deux entretiens bilatŽraux qui, pour, moi Žtaient importants. L'un avec le PrŽsident chinois, M.HU Jintao et l'autre avec le Premier ministre indien.

QUESTION - Monsieur le PrŽsident, merci beaucoup, je sais que c'est demain que vous allez toucher ˆ l'Afrique, mais l'impatience est telle que nous avons quelques difficultŽs ˆ attendre demain. Maintenant, vous vous accordez ˆ dire que les subventions que la PAC ont un effet sur le modle de production en Afrique, et sur nos producteurs, mais aussi ont un impact vers une plus grande extraversion de nos modles de consommation. Je parle en tant qu'organisation internationale des consommateurs. Votre collgue des Etats-Unis a fait une proposition disant qu'il serait prt ˆ envisager la suppression des subventions en 2010, ce qui nous para”t trs loin, que proposez-vous ?

LE PRESIDENT - Je voudrais tout d'abord rappeler que, s'agissant de la suppression des subventions, l'Union europŽenne s'est dŽjˆ prononcŽe, c'Žtait en 2004, sur la suppression totale, je parle des subventions agricoles, ˆ condition naturellement que les autres grands pays producteurs et exportateurs fassent de mme, ce qui jusqu'ici n'a pas ŽtŽ le cas. Cela supposait notamment une rŽvision totale de l'aide alimentaire, qui est un ŽlŽment trs perturbateur pour les producteurs, notamment africains. Cela supposait Žgalement la remise en cause des sociŽtŽs d'Etat commerciales et un certain nombre d'autres avantages indžs qui doivent tre supprimŽs pour qu'il y ait un avantage rŽel des pays en dŽveloppement.

Alors, vous dites que le PrŽsident amŽricain a fait ˆ cet Žgard une proposition, il ne l'a pas faite, en tous les cas officiellement, ni au G8, peut-tre la fera-t-il demain. Comme vous l'avez remarquŽ, c'est demain que nous parlerons de ces problmes, il est donc lŽgitime qu'on attende. Je voulais simplement vous indiquer notre position et elle est simple : nous nous avons dŽjˆ collectivement, au niveau de l'Union europŽenne dŽcidŽ, nous attendons simplement maintenant que nos amis amŽricains fassent de mme. Voyez pourquoi cela arrivera tout de suite et pas en 2010.

Nous avons d'ailleurs un problme spŽcifique qui intŽresse particulirement certains pays africains et notamment africains francophones qui est, dans l'Žtat actuel des choses, le non-respect de la condamnation dont les AmŽricains ont ŽtŽ l'objet pour ce qui concerne le coton. Et nous souhaitons d'urgence, parce que cela c'est vital pour un certain nombre de producteurs africains, notamment de quatre ou cinq pays, que cette dŽcision soit mise en vigueur le plus rapidement possible.

QUESTION - La politique anti-terroriste menŽe ˆ l'Žchelle internationale ne semble pas mener ses fruits. Est-il opportun de la poursuivre ?

LE PRESIDENT - Le moins que l'on puisse en dire, c'est que l'expŽrience prouve qu'il faut effectivement la poursuivre et l'amplifier. L'amplifier dans ses moyens et dans la dŽtermination avec laquelle elle est mise en oeuvre.

QUESTION - Avec la tragŽdie de Londres ce matin, il y a une union sacrŽe, vous Žtiez huit ce matin. Comment peut-on justement renforcer la lutte contre le terrorisme. Il y a eu des dispositions qui ont ŽtŽ prises par les Nations Unies aprs le 11 septembre, il y a eu le 11 mars ˆ Madrid. Que peut-on faire de plus aujourd'hui ?

LE PRESIDENT - D'abord c'est vrai, depuis le 11 septembre, il y a eu un considŽrable renforcement des moyens de lutte contre le terrorisme et de la coordination de ces moyens. C'est vrai qu'il n'y a plus de situation, enfin, il n'y a plus rien de commun entre les moyens mis en oeuvre et leur coordination entre les principaux pays concernŽs aujourd'hui et ceux que l'on connaissait il y a quelques annŽes.

NŽanmoins, le terrorisme est un drame permanent, on pourrait discuter longuement de ce qui le sous-tend et des raisons pour lesquelles il se dŽveloppe, je ne rentrerais pas dans ce dŽbat aujourd'hui. Tout ce que je peux vous dire, c'est que notre dŽtermination, en permanence, c'est le renforcement des moyens de lutte contre le terrorisme. Nous avons par exemple, en France, pris des dispositions qui n'ont rien ˆ voir avec ce que l'on connaissait il y a quelques annŽes et ce matin mme, la premire chose que j'ai faite en appelant le Premier Ministre c'Žtait de lui demander de prendre toutes les dispositions nŽcessaires pour renforcer encore les moyens dont nous disposons ˆ cet Žgard.

J'ajoute que la coopŽration entre nos services de sŽcuritŽ des grands pays concernŽs, qu'il s'agisse de pays Žmergents, de pays en dŽveloppement ou de pays industrialisŽs n'a jamais ŽtŽ aussi intense. On peut toujours faire mieux et chaque jour je dirais que, dans ce domaine, on fait un peu mieux et que cela n'empche pas les actions terroristes. Peut-tre que si nous n'avions pas fait ces efforts considŽrables en matire de moyens et de coordination, il y en aurait beaucoup plus, Ce serait mme probable.

QUESTION - Lorsqu'il y a eu confirmation des attentats de Londres, comment Tony BLAIR a-t-il rŽagi et vous a-t-il demandŽ conseil pour savoir s'il devait ou non maintenir le G8, et par ailleurs, y a t il eu dŽbat entre vous sur la continuation ou non du G8 ?

LE PRESIDENT - C'est une curieuse question. Le Premier Ministre, vous me demandez quelle est la rŽaction qu'il a eue : la rŽaction que tout Premier Ministre aurait eue, c'est-ˆ -dire d'abord la consternation et ensuite la volontŽ de ma”triser la situation, ce qu'il a parfaitement fait. Il a immŽdiatement dŽcidŽ, et, ˆ juste titre, de se rendre ˆ Londres et, aprs avoir fait un trs rapide tour de table, il a dŽcidŽ de confier ˆ l'un de ses collaborateurs la prŽsidence, de faon ˆ ce que l'on continue ˆ travailler et que l'ordre du jour soit assumŽ.

D'abord parce que c'Žtait nŽcessaire et ensuite pour ne pas donner ˆ certains la satisfaction de voir qu'ils auraient pu perturber nos travaux. Donc je trouve que le Premier Ministre a fait ce qu'il fallait, comme il fallait, au moment o il le fallait.

QUESTION - Est-ce que vous pensez que les attentats auxquels vous avez fait allusion ont changŽ le climat politique de ce G8, par exemple, on n'attendait pas d'accord sur le climat et c'est une espce de divine surprise, vous annoncez un accord sur le climat et pas n'importe quoi, puisque c'est entre l'Europe, une grande partie de l'Europe et les Etats-Unis. Et question annexe, est-ce que vous pensez que, pour les prochains G8, il faudrait en revenir aux prŽoccupations Žconomiques classiques qui Žtaient celles des prŽcŽdents G8 et notamment de celui organisŽ, le premier, en France.

LE PRESIDENT - Tout d'abord, ces attentats ont sans aucun doute renforcŽ la solidaritŽ entre les Huit et, je dirais mme, entre les Huit et les Cinq, cela ne fait aucun doute, vous avez raison. Et les Žgo•smes naturels se sont effacŽs, alors je ne dirais pas que c'est ˆ cela que l'on doit d'avoir trouvŽ un accord sur le climat, c'est un accord auquel on a travaillŽ depuis plusieurs jours avec beaucoup de force, de dŽtermination et de volontŽ. Depuis quinze jours, je dirais que les sherpas y ont passŽ un nombre considŽrable d'heures et on a bien senti que les Etats-Unis, depuis quelques jours, marquaient une ouverture pour qu'un accord soit possible. Donc il n'y a pas de lien entre un accord sur le climat et les ŽvŽnements dramatiques de Londres.

Le retour aux prŽoccupations du passŽ : tout ˆ fait ˆ l'origine, c'est vrai que les principaux pays industrialisŽs avaient dŽcidŽ de se rŽunir pour, je ne dirais pas gŽrer, naturellement, parce qu'ils n'ont pas vocation ˆ dŽcider, mais pour analyser ensemble les problmes Žconomiques, pour renforcer la solidaritŽ. C'est toujours la prŽoccupation, et on parle toujours des problmes Žconomiques, mais trs rapidement. Il y a dŽjˆ longtemps, on a sŽlectionnŽ un certain nombre de sujets, je prends un exemple, le premier G8 qui s'appelait G7, d'ailleurs ˆ l'Žpoque, que j'ai prŽsidŽ, c'Žtait ˆ Lyon et c'Žtait en 1996, et c'est lˆ que j'ai proposŽ et obtenu que l'on engage un processus pour annuler les dettes des pays les plus endettŽs et les plus pauvres, et le processus a ŽtŽ long, ˆ portŽ ces fruits.

J'ai pris cet exemple mais j'aurais pu en prendre d'autres, c'est un exemple auquel j'Žtais particulirement attachŽ, c'est pour cela que je le souligne. J'aurais pu en prendre d'autres, on a rŽgulirement pris des dŽcisions importantes qui n'Žtaient pas de nature Žconomique. Au G8, nous avons pris aussi des dŽcisions trs importantes en matire de renforcement de l'action anti-terroriste, des dŽcisions trs importantes que l'on aurait pas prises sans cela et qui exigeaient une remise en cause, en quelque sorte, des rŽactions spontanŽes naturelles, de chaque Etat souverain, notamment des plus importants d'entre eux.

QUESTION - A quoi attribuez-vous le revirement des Etats-Unis sur le changement climatique ?

LE PRESIDENT - Je ne veux pas prŽjuger, je ne veux pas non plus affirmer ce que je ne sais pas de faon rŽelle ou prŽcise. Je pense qu'il y a tout de mme le poids de la solidaritŽ internationale ; pratiquement sept pays Žtaient d'accord, les sept qui ont signŽ et ratifiŽ Kyoto. Deuximement, j'ai observŽ, je ne porte pas de jugement, mais j'ai observŽ qu'aux Etats-Unis mme, il y a un mouvement d'inquiŽtude et de prise en compte de ces problmes. Et puis troisimement, ˆ partir du moment o l'un des pays, notamment la France avait dŽcidŽ de mettre un certain nombre de conditions en deˆ desquelles elle n'Žtait pas disposŽe ˆ approuver, cela posait un problme politique pour tout le monde, parce qu'au G8, chacun le sait, on dŽcide par consensus.

Ce qui veut dire que s'il n'y a pas consensus parce qu'un ou plusieurs pays -et nous n'aurions probablement pas ŽtŽ le seul, nous aurions ŽtŽ soutenus-, ne sont pas d'accord, alors il n'y a pas de dŽcisions, il n'y a pas de dŽclaration. Alors on dit pourquoi il n'y a pas de dŽclaration, qui est-ce qui s'y est opposŽ, on s'y est opposŽ parce qu'on est pas allŽ assez loin sur tel ou tel point. Donc je pense que cela aussi cela a ŽtŽ un ŽlŽment de la rŽflexion des AmŽricains qui a permis, je ne dirais pas, de donner satisfaction, ˆ tout ce que nous avions ensemble souhaitŽ, les autres, et notamment la France, mais de faire un pas important en avant.

Et pour moi, je le rŽpte, c'Žtait dŽcisif, non pas seulement ˆ cause des progrs que cela permettait mais parce que nous ne rŽussirons pas ˆ ma”triser le problme du changement climatique si on n'est pas ensemble rŽsolus ˆ le faire. Or lˆ , nous Žtions divisŽs, sŽparŽs, et donc incohŽrents. Et par consŽquent, l'essentiel ˆ mes yeux ce n'Žtait pas seulement que l'on ait satisfaction sur tel ou tel point que j'avais proposŽ, mais qu'on ait pu rŽtablir un processus de cohŽrence, qui suppose l'union.

QUESTION - Monsieur le PrŽsident, votre engagement militaire en C™te d'Ivoire semble n'avoir menŽ ˆ rien, qu'est-ce que la France fait exactement en C™te d'Ivoire ?

LE PRESIDENT - D'abord la France y est ˆ la demande du gouvernement ivoirien et en application des accords qui existent entre la France et le gouvernement ivoirien et qui n'ont pas ŽtŽ remis en cause, mais cela c'est historique. La France y est aujourd'hui sous mandat de l'ONU, sous mandat de l'Union africaine et sous mandat de la CEDEAO. La France n'y est pas en tant que France, la France est lˆ -bas avec un mandat de l'ONU, ˆ la demande expresse de l'ensemble de l'Union africaine et de l'ensemble de la CEDEAO. Voilˆ pourquoi la France est lˆ -bas. Et la France ne cherche pas ˆ s'imposer, j'ai toujours dit que s'il n'y avait plus de mandat, la France n'avait aucune raison de rester.

Source: Présidence de la République

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